L’enclume est le deuxième poème caniculaire. Puisque nous voici reclus sous le grand dôme brûlant tandis que les uns allument leurs climatiseurs, d’autres rêvent. Mais les baisers auront goût de charbon.
Sur l’enclume, ton halètement tient mon vertige
L’asphalte brûle les pattes des caniches
Les mouches ont disparu
La camisole de la canicule
Lapide nos neurones
On arrose les enfants dans les squares
Plus personne ne se révolte
Mon amour
Je vois le givre sur tes lèvres
Ton corps rose repose
Dans le grand glacier
Demain matin
Il neigera
Nous aurons gardé
Le linge mouillé de l’été
Nous claquerons des dents
Nous aurons oublié
Qui nous a dépenaillés
De grandes fusées lisses
Emporteront vers une planète improbable
Les ultra-riches aux dents blanches
Puis la planète brûlera
Nos bouches auront le goût du charbon sur nos lèvres
Quand je t’embrasserai
Pour la dernière fois
Dans ton cercueil de verre
La télévision grésillera
Tour à tour les écrans s’éteindront
Quelque chose cependant
Continuera de clignoter au loin
Dans le désert de cristal
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