Troupeau. Juste un troupeau. Mais celui là était magique dans sa sieste douce. Dans ses âges mélangés, dans ces conversations muettes et placides, dans ce sens du calme et de la communion. Comment voulez-vous imaginer manger de la viande après ça ?
Regards

Je me suis senti presque indiscret à les déranger. Là, c’est chez eux. Ils lisent en moi passant. Ils savent qu’il n’y a rien à attendre, que je viens les mains vides comme un malpoli.
Que savent-ils des hommes, qu’ont-ils compris de nous qui ne les pousse pas à se révolter, pousser la barrière, se mettre en chemin ?
L’autre jour, une inconsciente avait passé le grillage et s’en allait tranquille grignotant ce que le talus offrait. Mais c’est rare.
J’aime tellement leur façon d’occuper l’espace. Ou bien, si je viens avec le chien, comment les jeunes veaux curieux s’approchent et entrent en communication avec lui.
Allongés

Je me suis demandé au début si celui qui était si bien allongé, sans bouger, sans paraitre même respirer était vivant. Il l’était.
Et quelles conversation pouvait avoir le jeune veau avec sa mère.
Un troupeau. Une communauté de destin tranquille dans son pré. Brouteurs paisibles, brouteurs enviés… enfin, dans une certaine mesure.
Je me suis demandé encore, pourquoi celui là, tout au fond à droite, restait seul ?
Je me suis demandé si on aurait pu faire un sociogramme sur ce troupeau, si des études avaient été faites à ce sujet, oui sûrement et ce qu’elles pouvaient bien dire.
Je pourrais regarder un troupeau des heures sans m’endormir, à la différence des séries télévisées.
Tiens, personne n’a-t-il pensé à diffuser une chaîne de télévision consacrée exclusivement à nous montrer des troupeaux paissant dans leur pré ? Peut-être bien que je saurais m’abonner à une chaîne pareille.
J’ai peut-être trouvé une idée du siècle.

Un mot en retour ?