Au bord du printemps tu te dis que tu as passé enfin l’hiver. Malgré les aléas, le cycle des saisons nous relie encore, la nature et les hommes. Concert d’oiseaux et concerts de printemps des groupes et fanfares locales. Tu fais mine de ne pas compter la somme des printemps accumulés. Tu songes à celles et ceux qui n’accompagneront pas celui là, comme aux nouveaux visages qui passeront par ici. Dans le sourire du printemps. Par la fenêtre je vois, Monsieur Merle entreprenant poursuivre Madame sur la pelouse. Je pressens qu’il y aura des nids dans les buissons et arbres autour, dont certains avec des poils de Galou.
Ménage de Printemps
Pour Norouz en Perse, ici dans les maisons souvent à la campagne, on secoue les tapis. Le ménage de printemps chasse la poussière de nos esprits. Dans la liste des choses à faire, ranger le cabanon, couper le chauffage (mais oui !), déplacer quelques meubles, donner deux ou trois coups de pinceau.
On attend pour ce soir un vent d’autan qui fera tomber encore quelques branches. Surveiller les semis et du coin de l’œil l’ hydrangea qui ressuscite.
Au printemps on ravive ses résolutions. On regarde ses projets, on les déploie. Les explorations, le vélo, les découvertes.
On manifeste !
Le printemps a des velléités protestataires. Samedi j’ai une manif et un concert. On ne va pas se laisser faire !
Ce ministre à l’air patelin trouve mille excuses pour ne pas toucher aux privilèges dont l’arrogance insulte la jeunesse.
La jeunesse n’a pas besoin de guerres, ni d’admonestations. Mais de paix et de justice. De fêtes, de livres, d’eaux vives.
La jeunesse est du côté de la sève, de la ferveur, du chant.
Regardez-les tous ces tueurs de poésie, ces super-riches vulgaires, ces obscènes marchands de canons. Toujours les mêmes que moquait Boris Vian dans sa chanson.
Ôtez de vos oreilles l’irrésistible guerre, la paix est notre seul devoir d’humain. Tant de troufions sacrifiés pour l’orgueil de quelques généraux. Les obstacles à la liberté, ce ne sont que cette poignée de dictateurs imbus d’eux-mêmes et leurs sous-fifres prêts à prendre leur place. Nous pourrions inventer autre chose. Il suffirait de si peu… Arme au pied !
Premier café
Sur la table, le premier café du printemps. Le soleil se hisse peu à peu au dessus du causse. C’est là une chose importante. Je vais revêtir mes habits de bricoleur, m’éloigner un peu des écrans et plonger dans le temps présent.
Le chien ne me quitte pas. Chaque instant compte pour lui, il boit chaque instant. Il a tant d’attente et d’amour pour la vie qu’il nous donne malgré son grand âge des leçons de courage et d’optimisme.
Ce qui compte c’est ça. Boire l’intensité de l’instant présent. Emplir le présent. Y plonger pleinement et salutairement. Un quatuor de Mozart déroule sa musique. L’air est pur et la brise est si fraîche et légère.
Pourvu que dans les écoles, on laisse la récréation s’élargir un peu pour que les enfants s’emplissent de jeux et d’air pur.
Il paraît que dans la montagne a commencé la fonte des neiges.


Un mot en retour ?