Le dernier à verdir c’est mon chêne


mon chêne sur le causse au printemps 2026

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2–3 minutes

Symbole du site, veilleur inlassable sur le causse, je sais qu’il est un des derniers à faire ses feuilles. Peu importe la saison, j’aime aller le retrouver et il m’accueille comme je le dis toujours à branches ouvertes. Il y avait du vent et je l’ai entendu rire de loin.


Un jour quelqu’un va nous surprendre

C’est qu’il me parle cet arbre. Il me fait signe dès qu’il me voit. Il me reconnaît parfaitement. C’est un arbre à la fois tendre, joyeux, plein d’énergie, fait de douceur et de sagesse. C’est un arbre d’expérience. Il en connaît du monde. Et je lui parle absolument comme à un ami et nous nous prenons dans les bras.

Il n’a pas besoin que je lui raconte ma vie, il la sait. Il ne demande pas des nouvelles du chien, il sait. Je m’appuie sur lui et nous regardons ensemble l’immensité du paysage sur le Quercy.

Il a perdu quelques branches cet hiver et avec le vent encore aujourd’hui. C’est sa façon de fréquenter le coiffeur. Il a l’écorce douce et fière ramure. Si j’étais chêne moi même, je crois bien que j’en pincerais pour lui tellement il est beau et majestueux. Mais c’est une amitié très pure et sans ambiguïté. Je commence à le connaître mais il en sait plus long sur moi que l’inverse.

On le croirait immobile, immuable, éternel, il n’en est pas moins sujet à l’impermanence comme chacune ou chacun d’entre nous. C’est ce qui le rend modeste alors qu’il pourrait faire son fier.

Aller le voir, c’est comme un rendez vous que je ne saurais manquer, régulièrement j’ai besoin d’aller le retrouver lui, là bas sur le causse, lui précisément.

Le chemin de Compostelle

Je vois un peu plus de marcheurs, ébouriffés, fatigués. Avec certains on échange. J’aime marcher bon pas, je grimpe puis je descendrai tout à l’heure vers la petite maison en ruines. Pas de troupeau en ce moment. Pas de chasseur c’est jour de trêve. Pas de de chevreuil trop de lumière et de vent. Pas de troupeau.

Plus tard, je croiserai une classe de lycéens lavés par l’air pur et ivres de lumière. On les entendait de loin avec leurs professeurs désabusés tentant de les initier aux secrets des pierres et des plantes.

Le causse à Gréalou

Ici, avec la vue sur le Quercy d’un côté et le Rouergue de l’autre, tant de passants animent le paysage. C’est comme une estrade sur le monde, une sorte de théâtre mystique connecté directement au ciel.

Je connais peu de lieux aussi magiques. Ici on vient se relier à la nature, aux hommes, aux cailloux et au cosmique.

Une nuit, quand il fera plus chaud, je reviendrai dormir, parce que les étoiles au mois d’août, ici c’est quelque chose.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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