Quelques rares images me font plaisir ou m’amusent. En réalité, je reviens plutôt fatigué de ces séances où je redécouvre des images ou des témoignages du passé.
Le lecteur de cédérom
Peut-être tout le monde ne sait plus ce qu’est un cédérom : c’est un disque optique numérique utilisé pour stocker des données informatiques, des textes, des images ou des sons. Certains sont réinscriptibles. On ne connaît pas la durée réelle de la conservation des documents sur ce type de support.
Comme malgré les successions de tri il reste encore quelques cédéroms notamment d’images ici, mais que le nouvel ordinateur n’est pas équipé nativement d’un lecteur de cédé, j’ai acheté un périphérique à petit prix, histoire de regarder ce qu’il y a sur ces supports et le cas échéant de copier ce qui pourrait être intéressant.
Les écrits
Il y a l’ancien site « Prépaclasse » qui était fait pour les futurs enseignants. Aussi sympathique qu’obsolète. Des débuts de romans ou de nouvelles inachevés. Quelques rares poèmes tiennent la route, surtout ceux des années 90. J’ai retrouvé des chansons. Certaines ont déjà été sauvegardées ailleurs. Il reste encore de vieux courriers administratifs, des sauvegardes inutiles sans affect réel.
On garde trop de traces, trop de sauvegardes de sauvegardes…
Les images
La plupart des moments joyeux se sont déroulés avec des personnes que je ne reverrai plus. Il ne reste que deux ou trois personnes avec lesquelles partager la plupart de ces souvenirs. C’est assez frustrant. Tout le monde n’est pas mort, j’espère, mais les éloigné·es sont nombreux et nombreuses.
J’aime bien revoir les images de l’appartement de Paris. C’était un lieu assez petit où passait beaucoup de monde. C’était une sorte de refuge pour certains. Un lieu de confidences, de fêtes, de partages.

Vers 42 ans, j’étais encore présentable. Mine de rien c’est quand même triste de voir ce que l’usure de la vie peut faire. Bon, ça on n’y peut pas grand chose. C’était une époque où je vivais des moments plutôt agréables et riches aussi bien dans ma vie personnelle que professionnelle. Dans l’appartement, ça défilait pas mal… et ça ne manquait pas de jolis garçons aussi charmeurs que charmants.
Des images tristes
Il y a d’autres images que je ne peux regarder sans douleur. Elles renvoient à des événements tristes – on peut même dire terribles- que je ne vais pas raconter ici. Regarder certaines images renvoie à cette douleur. Vingt ans n’ont rien fait. Ça reste une épreuve. Les sentiments sont entiers. Il faut juste mettre de la tendresse dans sa tristesse.
Revoir ?
Je suis tout de même allé animé de curiosité, revoir ces images du passé. Nombre d’objets, de meubles, m’accompagnent encore, ont traversé le temps.
Après tout je suis encore vivant.
Singulièrement il y a la question du poids du passé au regard des choses à vivre, des expériences à imaginer, à construire pour fabriquer les souvenirs de demain, comme des perles au collier.
Les dernières fois
On parle du premier amour. Moins du dernier. On dit rarement, « c’est la dernière fois que j’aimerai ». Pourtant j’ai dit : « c’était mon dernier chien », « mon dernier amour », « mon dernier voyage à Paris ». J’ai peut-être tendance à fermer la boucle trop tôt pour m’éviter des nostalgies futures. C’est assez difficile.
Équilibre
Rien n’est plus lassant que ces vieux qui vous abreuvent de leurs souvenirs. Un des rares amis que j’ai connus de cette époque, possède une mémoire incroyable des prénoms et des dates. Il n’a rien écrit, il sait, c’est gravé. Je lui ai montré une photo. Il a reconnu ce charmant garçon qui était souvent à la maison. Oups ! Kaïs, j’avais oublié ton prénom.
Il faut trouver une sorte d’équilibre entre les souvenirs que le cerveau réorganise à sa guise, en nous protégeant, les témoignages, les traces et les perspectives qu’on ne doit pas fermer. C’est à dire que je vais un peu trier, effacer certaines choses, ranger, respirer et me remettre en piste.

Un mot en retour ?