Si je ne dois pas conduire ma vie en cherchant l’approbation d’autrui, si je dois agir en cohérence avec mes valeurs sans sombrer dans l’intégrisme, il faut parvenir à se connaître pour devenir la meilleure version de soi, dans une démarche où le chemin compte plus qu’un supposé aboutissement.
Il n’était pas lui même quand il a pris le couteau
Rien n’a su arrêter la main du criminel. Il s’est laissé déborder. Les plus « doués » ou les plus pervers cacheront leur crime jusqu’à se mentir à eux-mêmes.
Petite souris, j’aimerais bien savoir ce que les miroirs de Trump, Poutine ou tout autre « salaud » disent à leur propriétaire. Autrement dit, ces personnages sombres trouvent peut-être l’apparence du bonheur, pensant être « eux-mêmes » en étant des sales types, mais croient-ils sincèrement « faire le bien » ?
Être soi-même commence par savoir être responsable de sa ligne éthique.
Responsable de soi et d’autrui
La règle du jeu pourrait-être :
- ne pas faire de mal à autrui en agissant : dans cet autrui, il y a « les autres », le « vivant » et l’environnement au sens large. Selon les degrés de conscience, chacun aura son interprétation. Il faut donc apprendre.
- ne pas se sacrifier pour ne pas faire de mal. Si je me nie, me refuse, me prive ou me blesse pour préserver autrui, je me confine dans l’injustice. Ma responsabilité tient dans les limites du possible et ne se négocie pas seulement avec moi, mes actes mais avec le réel, les autres…
- savoir « faire du bien » ou faire progresser : c’est à dire agir avec bienveillance (bien veiller) en prenant soin et en veillant à lutter contre les injustices. Dans ce « prendre soin » il y a la fraternité mais aussi la liberté, notamment celle de pouvoir vivre ce que l’on a à vivre (aimer, croire, choisir son identité) dans cet équilibre subtil qui nous ramène au premier point.
Savoir se rencontrer et rencontrer les autres pour devenir la meilleure version de soi-même
Dans le film « Le chant des forêts » , le grand-père naturaliste fait part à son petit fils de sa tristesse que la société se soit montrée incapable de préserver l’espèce du Grand Tétras qui a disparu des Vosges. Il avoue avoir pleuré et s’être aussi senti responsable. Il ajoute qu’il a été sauvé par la rencontre d’un petit Troglodyte, oiseau minuscule, qui a su attirer son attention et son émerveillement. Avec le père du petit garçon, ils vont initier ce dernier à la rencontre de la nature, de ses richesses et lui permettre à son tour de s’émerveiller. Et certainement, le petit garçon sera sensible à mesurer ses propres actes, à agir pour préserver la nature.
Sans l’exonérer, peut-être que si le petit Donald Trump avait été initié aux richesses de la nature, il en serait devenu l’ardent défenseur.
Déterminismes sociaux et culturels, constructions psychologiques défavorables, nombreux sont les obstacles, les empêcheurs de nous rencontrer nous-mêmes. Nous pouvons les alimenter à notre tour réitérant avec constance les mêmes erreurs à force d’excuses. Nous laissons faire tout en ne sachant pas lâcher prise.
Pour se rencontrer, il faut s’accepter dans ses failles et oser saluer en soi la grâce d’être au monde par sa bonté, son imagination, sa capacité à réparer, aider. La fierté est souvent problématique. Je ne suis pas fier d’être ce que je suis. Je suis fier de m’accepter comme je suis autrement dit de pouvoir vivre sans honte et sans orgueil, de m’assumer et de pouvoir être ce que je suis sans que cela ne nuise à personne.
Se rencontrer c’est aussi se révéler à soi par les rencontres : les bonnes et les moins bonnes, le poème ou le roman qui ouvrent en nous-même des territoires nouveaux, des sensations, des émotions, des intuitions. Le rôle de la musique ou du chant, des arts, les productions de l’intelligence humaine ouvrent des perspectives, élargissent nos vies.
La beauté d’un paysage qui me saisit, ce n’est pas affaire de spectacle. C’est cette conscience qui m’est offerte de faire partie d’un grand Tout, ou d’un vaste Monde à aimer. Et en aimant mieux le Monde, j’en serai plus responsable et pour ce faire dans une sorte de boucle vertueuse, plus responsable des autres et de moi-même.
Inhiber ses pulsions pour agir avec résolution
Le ressentiment, la disqualification de soi ou d’autrui, l’impatience, le goût du profit, toutes ces parts sombres et toxiques sont notre cancer intime. Chaque nouveau matin offre pourtant la possibilité de reprendre la barre et de nous transformer grâce à nos actes.
Il faut accepter de se rendre disponible à soi même, dans la lenteur du travail intime, dans les petites étapes, les avancées et les reculs. L’addiction à la souffrance et au mal qui procurent des sensations fortes peut se voir transformée par la créativité, l’invention.
Arthur Rimbaud a-t-il réussi sa vie ? La question est terrible quand on connaît la fin de la sienne. Mais il est rentré. Peut-être a-t-il été dépassé, envahi par la puissance de ses propres mots et leur écho ? Il reste le mystère. Si tous ceux qui l’adulent n’ont pas forcément compris ou réellement lu ses textes, combien sont devenus meilleurs, même si c’est de façon imperceptible aux yeux extérieurs, grâce au « Bateau Ivre » ou à « Ma Bohème » ?
Il y a ce travail sur soi, le sentiment parfois de ne pas avancer, d’être dans le brouillard. Puis vient l’alignement qui permet de se sentir en accord, conscient de ses actes, « juste » comme la note que joue le musicien. Il faut cependant continuer d’avancer dans cette aventure, dans ce roman dont chacune et chacun est le personnage principal et pour une part plus grande que nous le pensons, loin des déterminismes figés, l’autrice ou l’auteur.

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