Vincent Breton
Vincent Breton
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L’écriveur — « Vivons heureux en poésie ».
Chaque jour : journal, fiction, poésie & chansons.
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Après avoir travaillé dans l’enseignement aux quatre coins du pays, j’ai posé mes valises en Occitanie (Rouergue)

Vincent Breton

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  • achèvement

    Trop de beauté m’achève.Je voudrais savoir me fondre dans le paysage.La bruyère violette. Les bleus incendiaires de l’Océan. La mousse en bas sur les rochers. A cent dix mètres sur la falaise, entre le ciel et l’eau.Je ne suis plus que lumière et couleur.Me fondre dans le paysage. Vous ne comprendrez pas.Je suis là, absent…

  • impatience

    J’entends déjà comme des sentinelles, les veilleurs de mots : les poètes. Max, Angèle, Georges…Et tous ceux qui passèrent. Peut-être, apprendrais-je mieux les mots simples et lisses, galets parfaits, roulés sous la langue avide de l’Océan.Il faudra. Mes yeux dans les paysages de la mer pour comprendre les peintres de la mer.Il faudra. Mon regard vers…

  • le jardin fou

    Je suis à ton désordre gentil jardin. Je préserve les fougères, la mauvaise herbe, les petites fleurs bleues. Je guette l’éclosion, le bourdon, l’oiseau bavard. Il faut te laisser improviser. Les primevères ont déjà sauté dans la pelouse et le lierre s’étend langoureux. Je voudrais savoir nommer ces dentelles de feuilles, ces tiges enroulées, dépliées,…

  • à marée basse

    La nuit à marée basse, je me réveilleL’aimant de mon amant l’Océan m’attire et me tireHors du lit des rêvesL’océan mêle le sang des mortsDe tous mes morts accumulésM’entrainePalme maternelle d’eau et de selEtreinte ultime d’un désir fatal à ma promesseJ’irai mourir debout dans l’eau au petit jourJe marcherai vers les fonds marinsVers une Amérique…

  • aux grandes marées

    Aux grandes marées je suis énervéComme un gamin à la veille de NoëlMon coefficient de tendresse jubileAux vagues éclatées sur la Pointe de la Torche Par l’Odet l’eau remonte et débordeComme le sang, de joie, noie mon coeurQue croyez-vous que mon âme transporte ?La mer ramène mes chavirés, mes marins, mes cordages brisésMa vie remonte par…

  • Aimant l’océan

    Une plage immense, le vent solaire, la baie ouvre son ventre à PlovanLa dernière plage de février a les jambes si doucesJe pourrais entrer dans l’eau et marcher devantTu me lèches le coeur, marée montante, à petites lampéesL’immensité et la douceur me font une douleurJe pourrais avancer droit dans les vagues mousseusesSous les pieds le…

  • le chant des oiseaux

    A la fête multiple du chant des oiseaux, Je fus réveillé ce matin. Le ciel laiteux dressait son drap, légèrement violacé.Juste un peu d’encre, à peine, non, moins que cela… En basse continue, le torrent bouillonnait…La marée sera bientôt basse…Il se calme… Et les oiseaux déjà tous présents au grand concert, chants renvoyésTrilles, pépiements, jacassements……

  • marcher dans l’eau

    Au jardin, la flaque luisanteUn crapaud doré veille mou et silencieuxL’hiver retient son souffleJe ne sais pas si je désire encore le printempsJ’ai les pieds dans la boue noueuse et froideOù sont les oiseaux ce matin ?

  • A la pointe de Mousterlin

    A la pointe de Mousterlin, Sur le dos des rochers luisantsLes grands cormorans sèchent leur ailesPloient, déploient, comme une cape lourdeEt devisent à l’écart des passants sur la plageA la pointe de MousterlinDe petits oiseaux étonnants, au bec fin, s’approchent sardoniquesSe laissent approcher un peu, puis s’éclipsentMe renvoyant à ma méconnaissance du MondeTandis que les…

  • vent vertueux

    Comme le vent a secoué les branches. Mon coeur est déplumé, nu sur la pelouse. Pas sans bourgeon aimant. Tendu déjà sous la brume vers cet espoir de soleil.C’est encore l’automne. Des chats traversent le jardin en empruntant des diagonales mystérieuses.Les araignées se sont tues.Une pomme ridée persiste au sommet. La vanité serait de croire…