arrivée


·

1–2 minutes

Estourbi par le voyage, c’est à pied depuis la Tourbie que je suis descendu le long des Douves et jusqu’à St Corentin, puis vers la rue du Chapeau Rouge j’ai humé l’eau du Steir paisible ce soir là. C’était en Juillet, je n’oublierai pas comment la Ville m’a pris doucement dans ses bras. A la fois discrète et chaleureuse. Perdu seul, au coin de la rue Saint- François et Kereon, assis par terre, un gars chantait sur sa guitare. Il était déjà tard. Scrupuleusement mais avec sa conviction douce. Plus loin, au balcon, deux dames assises devisaient dans la fraicheur du soir. Les maisons sentaient déjà le beurre salé. Tout était empli de la mémoire. Des hommes sont partis, d’autres sont revenus. Il est des villes qui se disent mine de rien. Qui vous laissent venir à vous, sans trop de bavardage, mais qui vous reconnaissent. Tu savais avant moi Quimper que c’est chez toi que je poserai mes valises et mes livres. Tu savais, digne et gracieuse, comme une gente Dame de province qui ne s’en laisse pas compter. Ordonnée et sensible aux arts. Soucieuse de ta mise, de tes vieux et de tes enfants. Spirituelle et voyageuse. Généreuse et pudique. Ton cœur, la Ville, a les mains douces.
Les rives de l’Odet sont promesse et sagesse. Il faudra te mériter la Ville, dans cet ailleurs, dans ce détour, dans cet autrement. Je viens, j’arrive. Nous allons tranquillement nous apprendre l’un à l’autre.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


VOUS POURRIEZ AIMER AUSSI

dernières publications

Les commentaires

Commentez, ou publiez une réponse sur votre blog (avec un lien vers cet article) ou sur le Fediverse (Mastodon, etc.) : elle apparaîtra ici.

Un mot en retour ?

Vous souhaitez citer cet article sur votre site ? Indiquez simplement votre lien ici.