Il arrive que dans sa grande clémence le Soleil accorde ce moment d’interlude. La trêve. Suspension provisoire de la canicule en quelques lieux choisis. Mais qu’en font les hommes ? Songeraient-ils à cesser de se plaindre pour enfin agir ?
Afin de nous laisser méditer
Sur toutes nos erreurs passées
Et à venir
Soleil dans sa mansuétude,
A rangé ses rayons de fer
En altitude
Derrière une nuée légère
Et des orages estivaliers
Quelle gratitude
Les hommes encore hébétés
Sauront-ils enfin exprimer ?
Un interlude
Les hommes se plaignent
Puis ils oublient
Par habitude
Voilà déjà qu’ils se baignent
Dans leurs turpitudes
Les plus moisies
Les plus recuites
Les plus maudites
Tartuffes à la truffe farcie d’orgueil
Qui narguent l’Astre Solaire,
Quelle misère !
Jusqu’au cercueil
Faudra-t-il que le ciel déverse
Des seaux d’averses
Toutes les grêles et les grillons
Que se renversent
Les falaises sur nos maisons
Et les glaciers
Fondus
Qu’ils viennent jusqu’ici noyer
Les hommes imbus ?
Entre la pierre et la tempête
Puis sous les flammes
Toujours, nous relevons la tête
Niant les drames
Que faisons-nous de cette trêve
Pas même un rêve ?
Que le soleil nous achève
Fin du sursis
Les insectes attendent à la porte
Joyeux cloportes !
Si l’homme meurt, si l’homme a peur
La vie survit !
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