Apprenons (le code) pour devenir autonomes


Digital

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6–9 minutes

C’est en me trouvant confronté une fois de plus à un petit problème technique avec mon système de gestion de contenu favori (ou CMS, oui WordPress ici) , que je l’affirme : apprenons (le code) pour devenir autonomes. Je dis le code, j’aurais pu dire le numérique au sens plus large pour ne pas nous en laisser conter.


N’abandonnons pas la technique aux experts souvent autoproclamés

Les géants du Web et autres grandes firmes digitales ont développé une culture pseudo-facilitatrice visant à nous proposer des systèmes clés en mains où il n’y aurait pas à se préoccuper de technique et nous aurions juste à faire ce que nous souhaitons avec nos équipements numériques ou la production de nos sites…

Cela aboutit tout de même à l’aberration de l’obsolescence programmée où nombre d’utilisateurs de Windows 10 sont appelés à changer de machine pour utiliser Windows 11 alors qu’avec très peu de connaissances, ils pourraient sans mal faire tourner leur bécane sous un joli Linux performant et ergonomique.

Dans le même fil, parce que nous contrôlons mal les paramètres de nos applications ou de nos navigateurs, nous nous laissons espionner à bon compte.

J’ai vu récemment une personne qui avait conçu son site sous une plateforme Wix. C’est formidable, aucune connaissance technique nécessaire… Oui, mais pour peu que vous souhaitiez des fonctionnalités non prévues, changer d’hébergeur etc. vous découvrirez que vous n’êtes ni maître, ni propriétaire… et qu’il faudra tout recommencer à zéro.

WordPress lui même avec son éditeur visuel veut faciliter la tâche avec certains risques. Mais outre le fait que son code est libre, on peut toujours basculer sur le code et découvrir « en soulevant le capot » comment s’écrivent les instructions et analyser des erreurs éventuelles. Il y a par ailleurs autour de WordPress un écosystème d’extensions ou plugins qui rajoutent des fonctionnalités… oui, elles sont souvent formidables et facilitatrices mais parfois nuisent aux performances ou interagissent négativement. J’ai appris à remplacer certaines extensions gourmandes par un peu de code et ce n’est pas difficile à implémenter même s’il faut être prudent. WordPress peut en quelque sorte se pratiquer de façon « passive » au gré des mises à jour et des fonctionnalités ajoutées ou de façon « active » et réfléchie si on ose apprendre deux ou trois choses.

J’ai très peu appris le code au sein des formations proposées par l’Éducation Nationale (mais ça date un peu). Les toutes premières formations des années 80 invitaient à manipuler du code, mais on s’y est mal pris à l’époque, les enseignants apprenant sur le tas… ou pas.

Aujourd’hui mes connaissances sont faibles, mais au moins j’ose bricoler en autodidacte ce qui me permet de déjouer certains pièges et de me sortir de situations problématiques. Surtout, je comprends mieux comment fonctionne une ligne de code, sur quoi joue une instruction et il est d’ailleurs très intéressant de voir comment ces instructions s’organisent et se formulent (ça peut même être une aide à penser).

Les trois grandes sources d’aides « expertes » aujourd’hui

Les techniciens

Quand vous rencontrez un problème avec un site Internet (un blocage, une fonctionnalité, une merdouille quelconque), après avoir éventuellement bricolé de votre côté si vous osez au risque de quelques bêtises, vous contactez l’hébergeur. J’ai une chance inouïe, mon hébergeur est français et propose son aide 24h sur 24 même si parfois la permanence de week-end semble moins nombreuse… Comme j’ai dû être repéré comme un peu chieur et chipoteur, très souvent c’est Yann toujours calme et serein qui suit mon affaire avec je dois le dire patience et pédagogie et prise en compte de mes premières compétences. J’apprécie toujours ne pas être pris pour un total crétin. Le pire c’est lorsque le technicien de service tente de reporter la faute sur vous (parfois vrai, pas toujours), tourne en rond ou fait semblant de ne pas comprendre la demande en vous demandant des trucs périphériques idiots. Un peu comme si la batterie de mon auto faiblissant le garagiste me demanderait si j’avais bien pensé à mettre des roues à la voiture. Il arrive aussi, comme hier, que l’on me dise de faire exactement le contraire de ce qu’avait prescrit un autre technicien de la même maison. Hé ! Entendez-vous les gars ! En réalité, ils enchaînent les clients… avec des demandes de tous ordres et il ne leur est pas toujours aisé de remonter l’historique de nos propres manipulations. Je ne doute pas de la complexité du job. Souvent, ils vont « faire » à notre place. Alors nous les remercions sans avoir toujours compris ce qui s’est réellement passé. Et quelque fois c’était simple. Si j’avais su…

Le club des coachs

Quelques uns sont vraiment très bons. Nora Cheikh n’hésite pas à entrer dans les détails de façon fouillée avec un sérieux imperturbable. Je pourrais en citer des tas d’autres. Mais on a tout de même deux groupes à fuir : ceux qui cherchent à vendre des formations bidon et les amateurs qui en savent moins long que moi ou prennent vingt minutes pour énoncer des banalités. Dans les deux cas, quand ils prescrivent des conseils, j’essaie d’aller vérifier s’ils se les appliquent à leurs propres sites… Et là, clairement, il y a souvent de quoi rire. Je veux bien que les cordonniers soient les plus mal chaussés…

Si demain matin je me proclame expert et lance une chaîne, je suis certain que je vais pouvoir faire des vues pour peu que j’y mette un peu de conviction.

L’intelligence artificielle et les évaluations en ligne

Même mon hébergeur en propose une, pas très pratique pour répondre à des questions de base. Mais il y a beaucoup à dire (car oui je suis allé tester) : entre ChatGPT qui ne connaît pas la dernière version de WordPress en vigueur et Claude, plus réfléchi, qui abonde trop dans votre sens, l’outil est vite limité.

J’ai pu grâce à l’IA trouver des bouts de code utiles et efficaces… mais j’en ai eu aussi qui ont engendré des blocages ou des problèmes secondaires. Ce qui veut dire qu’il faut tester de façon approfondie en veillant à isoler les différents paramètres.

Vous trouverez aussi de l’aide avec des outils d’évaluation en ligne visant par exemple à mesurer les performances : oui, sauf que les dernières technologies ne sont pas toujours mises en œuvre et c’est vrai que tout évolue si vite qu’il est difficile parfois de suivre.

La source manquante

La source qui me manque et vers laquelle j’apprends à me tourner de façon empirique sinon toujours pertinente, c’est en quelque sorte l’éducation au numérique ou une formation basique au code, non pas pour tout apprendre de ce langage (et il y en a plusieurs) mais pour oser parler un peu cette langue, y entrer pour apprendre à faire deux ou trois choses avec et repérer ce qui éventuellement coince.

Je ne suis pas plombier, mais j’ai appris à démonter et remonter une chasse d’eau. Je ne suis pas serrurier, mais j’ai appris à démonter et remonter la serrure de la cabane. Autrefois en classe, outre les travaux manuels, on enseignait la technologie… aujourd’hui on appelle un peu vite au secours des spécialistes qui ne sont pas gratuits…

On pourrait étendre à d’autres domaines. Il ne s’agit pas d’être omniscient mais de disposer d’une culture générale assez solide pour savoir si l’expert en face l’est tout de même un peu ou comprendre les grands éléments du problème et les techniques possibles de résolution. L’idée est de ne pas se laisser leurrer par une pseudo expertise qui fait de nous des assistés. Très souvent une solution enchaîne d’autres problèmes et accroît la dépendance à l’aide externe.

En ce qui concerne l’enseignement, il me semble que nous nous cherchons toujours dans le domaine du numérique et ça ne date pas d’hier. Il y aurait certainement à faire pour développer notre autonomie, notre esprit critique. Cela suppose de s’engager vraiment dans un modèle différent, marquant sa distance avec l’industrie du web. C’est pourquoi je milite par exemple pour que chaque jeune apprenne à concevoir et rédiger un blog (d’un point de vue technique et rédactionnel).

Conclusion provisoire

En commençant à apprendre quelques bribes de code, j’ai mieux compris la logique et la nature de certains problèmes qui peuvent naître quand des instructions s’opposent. Cette connaissance m’a permis de simplifier mes choix, de veiller à supprimer les cookies ou le traçage des visiteuses et visiteurs (donc d’améliorer la mise en œuvre de mes choix éthiques et même si je reste un peu « maniaque » ou préoccupé quand quelque chose ne fonctionne pas, d’aborder le numérique de façon dédramatisée en y mettant moins de magie et plus de rationalité !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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