Sixième édition cette année de la pride rurale à Najac dans l’Ouest de l’Aveyron. À l’heure où j’écris ces lignes ça doit danser encore. Un moment politisé à l’heure où l’extrême droite menace d’arriver au pouvoir mais surtout un moment humain et touchant.
À Montauban aussi
Aujourd’hui Montauban lançait sa première marche des fiertés. Ce qui expliquait peut-être avec la canicule, qu’il y ait un peu moins de monde à Najac que l’an dernier. Une pensée d’ailleurs pour Montauban tombée dans les mains de l’UDR associée au RN. J’évoquais l’autre jour la question des « bons homos »du RN.

À Najac lé député Laurent Alexandre (LFI) s’était déplacé pour un soutien discret mais ostensible. Pas mal d’associations, de syndicats et tout le monde réuni dans une démarche engagée résolument.
Il parait qu’il y a maintenant plus de 20 prides rurales qui montrent que les campagnes se réveillent. Toute une vie se dessine, dans des collectifs souvent informels mais qui témoignent du besoin de se relier, de faire solidarité, de partager des connaissances et des expériences de vie.
Les fille très actives
Pas beaucoup de garçons. Les filles de LBD mènent la danse. LBD ce sont « les bonnes débroussailleuses ». Ça ne s’invente pas. Ce sont elles qui portent le projet à la base avec une belle résolution. Car même une « petite pride » locale et rurale, ça coûte.
Résolues. Les discours parvenaient à dépasser le convenu de l’exercice. À la campagne, les minorités sexuelles et de genre sont à la fois invisibilisées, niées, et surexposées. Il leur est particulièrement difficile de se faire une place, de trouver des réponses à leurs besoins comme le soin par exemple.
J’ai aimé que les discours soient à la fois engagés, clairement à gauche, militants, mais plein d’humour, d’autodérision s’il le fallait et d’humanisme. Il y a une vraie tendresse qui passe dans ces manifs rurales où même les chiens sont liants.

Des points communs mais quelle différence avec les grandes marches parisiennes que j’ai pu connaître autrefois. Le gay des villes et celui des champs, comment se considéreraient-ils ?
Najac avec sa forteresse est un magnifique village moyenâgeux et comme le disait une des intervenantes, « ça monte et ça descend ». Pour y aller, les routes sont étroites. L’Aveyron coule au pied. C’est la vraie campagne, la nature, mais ce sont aussi des difficultés qui peuvent être accrues pour certaines et certains qui doivent lutter contre l’enclavement et les regards en dessous. Et en même temps, je voyais des commerçants sortir sur le pas de leur porte souriants, des gens prendre des photos depuis leur fenêtre et les gamins admirer la dame sur ses grandes échasses.
Il paraît que le 4 juillet, il en est une autre à Figeac. Une heureuse contagion…

Un mot en retour ?