Il est loin le temps où Jean-Pierre Siméon animait le printemps des poètes. Après les polémiques récentes, la manifestation ne parvient pas à libérer la poésie (malgré le thème choisi pour 2026). Il va falloir s’émanciper de l’institutionnalisation du printemps des poètes et de cette façon d’accaparer le terrain. Rendons le printemps aux poètes et la poésie à la vie !
Une marraine mise en examen pour escroquerie, fraude fiscale et blanchiment
Après le choix problématique de Sylvain Tesson en 2024, et si la mise en examen ne vaut pas condamnation, on peut s’étonner de choisir pour 2026 une marraine impliquée dans plusieurs affaires judiciaires. Le prochain procès de la dame aura lieu… le 1er avril ! C’est d’autant plus problématique que le ministère de l’Éducation Nationale comme celui de la Culture sont très engagés… Je chipote sans doute.
Était-ce parce que le thème de cette année porte sur la liberté ?
Qui nous composera un poème sur l’art de porter le bracelet électronique ?
L’institution, une association loi 1901, s’est-elle vraiment remise de l’ancienne direction ? On se souvient que huit huit anciens salariés du Printemps des poètes avaient témoigné d’un management traumatisant dans un article du Monde. Tout est dans Wikipédia.
Des voleurs de Liberté
Mais passons sur le casting. Regardons le thème de l’année. Il n’est pas exactement présenté de la même façon sur l’affiche et le site.
Sur l’affiche on lit en majuscules: LIBERTÉ. FORCE VIVE, DÉPLOYÉE.
Sur le site c’est devenu ; La liberté. Force vive, déployée.
De fait la majuscule est centrée sur Force.
Le teaser (autrement dit la vidéo YouTube) avec sa musique grandiloquente et martiale n’est pas venu me rassurer. Le dossier de Presse est à la fois plus neutre et banal.
Pourtant, il aurait été plus puissant et poétique d’oser simplement : Liberté !
Est-ce l’actualité ? Le contexte politique et mondial nauséabond ? Je ressens dans ce slogan l’ambiance militariste du moment. Ça n’incite guère à aller au texte, ni à écrire… ça m’a mis… en colère !
La Liberté ? Je l’aime avec une majuscule. Celle de la devise républicaine. Et le point d’exclamation lui va bien.
Le site
Je le trouve peu poétique, plutôt froid et austère. Pas très créatif. Fait pour stériliser les velléités poétiques ?
Le site du Printemps des poètes a choisi un orange et une calligraphie agressifs.
Il se fiche bien de l’accessibilité et impose les statistiques de Google… ça n’arrange pas mon humeur.
Des manifestations
Le site annonce de nombreuses manifestations. Dans mon secteur, peu de choses, mal annoncées. Surtout, la mise en écriture ou la mise en action poétique de la population elle-même me semblent bien peu développées. Tout ça me semble manquer d’imagination.
La poésie ne se plie pas à l’art officiel. Il lui arrive de se laisser récupérer, intellectualiser, stériliser par des explications de texte, ce n’est pas nouveau. Je devrais le savoir à la fin.
J’irai voir ce que je trouve. Je tenterai des textes. Je suis perplexe et désabusé dans mon agacement et ma déception.
Si seulement naissait un mouvement subversif libérant la parole poétique !

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