Mon WhatsApp ? Non, je ne peux pas te le donner.


Whatsapp

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4–6 minutes

Ne te vexe pas. Ce n’est pas contre toi. Personne ne l’a. Je ne peux te donner ce que je n’ai pas. Non, non, pas besoin de conseil pour l’installer. Je l’ai eu, puis je l’ai quitté. Je lui ai trouvé un remplaçant, pas sans défaut, mais qui me convient mieux. Donc, Mon WhatsApp, je ne peux pas te le donner et je t’explique pourquoi.


C’est si facile

Je me demande si l’application n’était pas installée par défaut dans mon smartphone. En tout cas, très facile à installer. J’ai retrouvé facilement mes contacts… et découvert encore plus facilement parmi eux qui avait déjà l’application…

J’ai d’ailleurs été contacté par des personnes qui avaient eu mon numéro… On peut les refuser, certes.

Photos, messages, vidéos, audios, visio ! Tout fonctionne à merveille. On a même pu faire des groupes avec la famille ou certains amis, se choisir, tout ça…

Super ! En plus les messages sont sécurisés ! En plus c’est gratuit !

Et puis la sauvegarde est automatique !

Chiffrer n’est pas jouer

Les messages sont chiffrés de bout en bout, on est donc en sécurité, Meta ne peut pas les lire ! Bon, comme toi je n’ai rien à cacher, mais pas forcément envie d’étaler ma vie privée…

WhatsApp ne lit pas les messages mais :

  • s’il a mon numéro il connaît mon fournisseur et potentiellement savoir qui se cache derrière cette belle image de profil…
  • il garde précieusement dans ses bases qui tu contactes, combien de fois, à quelle heure, pendant combien de temps, depuis où…
  • WhatsApp sait parfaitement quelle est la marque de mon téléphone, le modèle, si le logiciel est à jour… si j’ai Facebook ou Instagram ou Threads…

Pour peu que tu possèdes également Facebook, des croisements vont avoir lieu entre les données, les sites consultés…

Si je n’avais pas fait attention, j’aurais vu à l’époque que les sauvegardes se faisaient toutes seules dans mon Google Drive. Astucieux ou encombrant ?

Les sauvegardes sur iCloud comme Google Drive ne sont pas chiffrées par défaut et tout le monde n’a pas sécurisé les choses avec soin.

Toutes ces données servent à la publicité ciblée et au profilage. Elles permettent une sorte de « portrait » en creux. Le mien si je suis là, celui de mes honorables correspondants…

J’ai découvert aussi, si je ne faisais pas gaffe (et c’est souvent à refaire à chaque mise à jour), que les médias peuvent se retrouver sur la carte SD ou dans un cloud.

Sur un appareil Android, WhatsApp sauvegarde par défaut les images, vidéos et médias dans le stockage interne ou la carte SD. Il le fait dans un dossier accessible via la galerie (dans le dossier WhatsApp/Media). Cela pose bien des soucis de confidentialité, même si le contenu des messages est chiffré.

Comme la sauvegarde est non chiffrée sur la carte SD alors les fichiers sont lisibles par n’importe quel appareil qui lit la carte. Pas besoin de mot de passe !

Souvent, on retrouve ces médias dans la galerie. Alors toute application ayant la permission de lire les médias (Google Photos, ou toute autre application autorisée souvent sans réfléchir) peut accéder aux images de WhatsApp. Sans rien demander à personne. Hum !

Certes depuis 2024, WhatsApp propose le chiffrement de bout en bout des sauvegardes (optionnel), mais beaucoup ne l’activent pas.

Des métadonnées voyageuses

Les métadonnées (qui contacte qui, quand, sur quel appareil, etc.) sont traitées et stockées sur les serveurs Meta, souvent aux États-Unis. Comme un compte Google, c’est encore plus vrai si on voyage.

De fait, cela signifie que ces informations peuvent être accessibles selon la loi américaine, notamment depuis le Cloud Act, même si les utilisateurs sont en Europe. Concrètement, si un jour vous voulez vous rendre aux USA, on pourra vous reprocher d’avoir tel ou tel militant dans vos contacts ou vous pister à partir de vos relations…

Le monde de Méta

Mark Zuckerberg a tissé sa toile. Facebook, Instagram, Threads, WhatsApp tout est redoutablement pensé. Au delà du modèle économique fonctionnant sur le vol de données, il a fait allégeance à Trump et tenu des propos en rupture avec l’idéal démocratique ou l’égalité entre les genres par exemple. La modération est devenue hautement problématique sur ses réseaux où le buzz commande.

Si WhastApp a l’apparence d’une application sécurisée, son code reste propriétaire , fermé et non accessible.

Le problème n’est pas tant dans la messagerie en tant que telle mais dans tout ce qui est autour et l’accompagne. C’est un dispositif fait pour aspirer des données dans le but de cibler les usagers et de leur proposer des publicités liées à leur activité. C’est à mes yeux ce qui fait d’abord souci.

Je n’ai plus d’application Méta

Comme je n’ai plus Facebook ni Instagram, j’ai enlevé WhastApp.

Certes je peux veiller à sécuriser mes propres données et sauvegardes… mais il y a deux bouts dans une communication.

J’y ajoute le fait que les notifications sont vite intrusives. Je n’aime pas non plus devoir « me montrer » à la demande dans les lieux où je suis censé être ou ne pas être (ça c’est valable avec toute messagerie).

Ce n’est pas contre, c’est pour ma propre liberté.

Il existe des alternatives comme Signal, ou Kchat (suisse moins connu). Certes, il faut bien un moment choisir où l’on va. Ces applications proposent la même chose. Le code de Signal n’est pas secret et l’application ne partage pas les données.

C’est comme pour dîner. Si tu veux que l’on se retrouve chez Mac Do manger des produits transformés et sucrés, je t’inviterai plutôt dans un petit lieu familial et tranquille avec des produits sains et pas chers !

Et puis, si tu as peur de l’alternative, tu peux faire coexister les deux applications un temps et inviter les amis à changer de crèmerie !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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