Mon vieux clavier est mort après 12 ans de service intense. Une cérémonie de recueillement sera prochainement organisée à la déchetterie. Le petit clavier de secours, je m’y tordais les doigts. Las, je m’en suis offert un de luxe. Un clavier de compétition. Je me fais rarement des cadeaux. Et si je culpabilise un rien, je ressens l’ivresse douce du cycliste nanti d’un joli vélo… et qui pique une pointe tout joyeux…
Les doigts agiles
C’est comme lorsqu’après avoir conduit une guimbarde essoufflée, tu prends le volant d’une voiture confortable, souple et véloce.
Une fois le truc reconnu par le Bluetooth de ma chère machine sous Ubuntu, ça décolle sans ambage dans les virages. Juste modifier un paramétrage, régler la luminosité du rétroéclairage et hop c’est parti ! L’apprentissage est rapide.
Voilà un clavier de nanti qui donne l’envie d’écrire mais surtout qui allège la tâche. Avec le précédent certaines touches coinçaient, le retour sautait, la radio toussait… Nettoyages et démontages n’y suffisaient plus.
En cherchant j’ai vu qu’il avait passé les douze ans l’ancien. Peut-être treize. Tout va si vite. Je l’avais associé au précédent ordinateur.
On n’attache pas toujours assez d’importance au choix du stylo pour écrire et du clavier pour taper. Un clavier qui coince empêche de penser, laisse plus facilement passer des erreurs prenant un morceau de vigilance.
La souplesse du plaisir physique du frapper doux me fait du bien. Celui là joue du gadget avec élégance, point trop n’en faut et j’apprendrai assez vite les touches de raccourcis et comment jouer avec les fenêtres, les menus et les caractères spéciaux ! ⌨️
Culpabiliser ?
Ayant vécu trop longtemps avec un panier percé doué pour dépenser ma pauvre fortune, je me suis retrouvé à faire les comptes au bord d’avoir des manies de pingre heureusement appliquées à mon seul endroit. Mais au delà, j’ai toujours éprouvé un sentiment diffus de culpabilité sourde ne serait-ce qu’en m’offrant une chemise. D’abord je n’aime pas posséder, encore moins ce qui serait ostentatoire et le luxe ne m’attire pas, mais un vieux reliquat de sentiment d’imposture a toujours fait que je me suis toujours senti redevable qu’on m’octroie un salaire, alors le dépenser !
Donc, quand j’ai choisi au catalogue parmi ce qui se fait de mieux comme clavier, pas un clavier pour jouer, un clavier pour qui écrit, mon a échine a frissonné d’une vague inquiétude coupable.
Pour en rajouter un peu, le commerçant local, ce cher Morgan, me proposait d’attendre huit jours tandis que l’Internet mit moins de 48 heures pour me servir. Quelque chose ne va pas dans les circuits de distribution et les machines en stock. Pour le même produit de plus ! Terrible concurrence. Et mon impatience était légitimée par la difficulté d’écrire avec ce clavier qui claquait au point de m’empêcher de penser.
Je me dis que j’ai dépensé pour la bonne cause. Puisque le fait d’écrire me tient et me motive et que je le fais moins à la main, plus pour les écrits longs. Il sera rentabilisé ce clavier, peut-être le dernier…
Ce n’est pas un clavier Bépo
J’ai regardé, j’ai tenté en son temps, mais n’ayant eu que quelques témoignages individuels pour me convaincre et pas d’étude scientifique, je reste pour une fois dans le classique.
J’ai tant à apprendre, il faut savoir où orienter mon énergie et mes doigts peinent assez pour ne pas leur imposer de nouveaux pas de danse.
Ce qui compte c’est de trouver chaussure à son pied, sans dogmatisme.

Les touches s’éclairent dans le noir, je ne les regarde pas souvent, juste au moment de quelques missions spéciales ou manœuvres comme la copie d’écran. Bon c’est c’est vrai, c’est joli un clavier la nuit et il peut m’arriver d’aimer écrire tard le soir ou tôt le matin.
Nous verrons si le confort du modernisme saura impacter la qualité de mes essais et stimuler mon imagination. Voilà, j’ai écrit mon premier article avec ce clavier. C’est parti pour de nouvelles aventures !

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