Le jour qui se lève et les mots viennent comme au temps de l’adolescence. Voici un poème inspiré de ce qui fut donné à voir ce matin là. C’est de la poésie ! Laisse les mots faire. Il n’y a pas de crainte à avoir.
C’est de la poésie
Le linge qu’on plie,
C’est de la poésie
Le noir moka qui brille dans la tasse
C’est de la poésie
La chatte lovée dans le lit
C’est de la poésie
Le jour qui déchire lentement la nuit
C’est de la poésie
J’y mets tous mes matins, la soif de me lever
J’y mets tous mes chemins, le bonheur de se perdre
L’aventure d’une rencontre
Un oiseau sur la branche
Un froissement furtif
Une ombre qui se penche
La mémoire
Tes yeux qui guettent au loin
Ou ta main qui me frôle
Un espoir incertain
Ou quelque chose qui rôde
Ce qui se donne ou se retrouve
L’amitié, une porte qui s’ouvre
Le cœur éparpillé dans les miettes du soleil
L’hiver libéré sur l’envol de l’abeille
Il te faut des métaphores fortes
Que le poncif s’oblitère sur le rire d’une femme
Le chagrin n’a que faire d’un banal mélodrame
Tu sais que tu vas mourir, derrière ce buisson
Dans ton lit glacé, perclus de douleur
L’horloge qui te guette
Qui te dit c’est ton heure
La mouette ou l’alouette
Une tartine de beurre
Ton enfance retrouvée sur le glacis en pente
Une balle lancée, le cerf-volant au ciel
Ou dans le feu bavard, la jonchée d’étincelles
Que ton tison curieux agite dans ta joie
Tout cela tient bon, tient chaud, tient droit
Et t’invente loin des fins du monde
Au petit jour l’herbe a gelé
Qu’entends-tu de toi-même ?
La poésie

Un mot en retour ?