Vous n’avez pas honte ? Même un petit peu…


Dubleu

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4–5 minutes

Oui, vous n’avez pas honte ? Même un petit peu ? Parce qu’hier, je n’étais pas fier d’être un humain. Ou j’aurais bien voulu avoir la confirmation que je n’étais pas un humain, que je venais d’une autre planète. J’ai trouvé la journée d’hier obscène. Heureusement qu’il y avait ce bleu pour tenir. Peut-être devrais-je me taire ?


Les nouvelles du Monde

Le 1er septembre j’avais donné « le journal du Monde ». Il traduit assez bien des sentiments que je peux éprouver encore ce matin.

Bien que je tente de ne pas abuser des flux d’informations que déversent les radios, les télévisions, les réseaux sociaux, bien que je vive en un lieu protégé où la nature est proche, il y avait ces nouvelles et par dessus tout la façon de les traiter.

La libération des otages israéliens fut la bonne nouvelle.

Mais elle fut gâchée par l’indécence des médias mettant en scène le président américain qui félicitait le premier ministre israélien et réciproquement. Duo morbide. Et le type a toujours son idée de transformer Gaza en Riviera de luxe.

Et je pensais à ces enfants rentrant chez eux, dans un champ de ruines. L’absence d’empathie à leur égard sur les plateaux de télévision…

Pendant ce temps là, en France, on dirait que l’ensemble de la classe politique s’évertue à susciter l’abstentionnisme. Ici, les gens n’en peuvent plus de la politique. L’extrême droite prospère au village où il n’y a ni insécurité, ni migrant (excepté quelques anglais aisés qui ont acheté de vieilles maisons). Anathèmes, ressentiments, manœuvres, ambitions… Ce ne sont pas les commentaires des militants fussent-ils « de gauche » qui me rassureraient quand je les lis sur les réseaux sociaux.

Je n’entrerai pas dans le commentaire. Il n’y a aucune possibilité de discussion logique.

Une petite fille s’est donné la mort

Une petite fille dont je ne sais presque rien de l’histoire s’est suicidée. Elle n’avait pas dix ans. On la savait désespérée. On ne sait pas si elle aurait été harcelée, mais moquée sûrement. On ne sait pas comment elle a fait. Elle est morte.

Neuf ans.

Des élèves de neuf ans j’en avais au cours élémentaire deuxième année ou au cours moyen première année. En ce temps là, c’était des âges paisibles où l’inquiétude de l’avenir était loin, où la soif d’apprendre et la curiosité, le bonheur d’être ensemble, tout ça les animait encore. Ce temps est-il révolu ?

Nous sommes collectivement responsables. Il ne faudra pas se contenter de savoir si les circonstances locales, la fragilité de l’enfant, le contexte ou je ne sais quelle excuse minable permettront d’expliquer ce geste à défaut de le comprendre. Que des enfants non seulement pensent à se donner la mort mais y parviennent, ce n’est pas acceptable.

Et ce ne sont pas des cellules psychologiques qui auront la moindre utilité. Ces cellules psychologiques avec leurs protocoles ne sont destinées qu’à rendre acceptable ce qui ne l’est pas.

Mais personne ne manifestera, il ne se passera rien.

Je n’ose imaginer la tristesse indépassable de ses proches.

Commémorations et panthéonisation

Alors, on peut faire des commémorations. On en fera aujourd’hui 14 octobre : une minute de silence rendra hommage à Dominique Bernard et Samuel Paty professeurs assassinés par le terrorisme islamiste. Le ministère a improvisé ce moment. Pas même un encart à la Une du site du ministère ce matin qui a bien eu pourtant le temps de mettre en avant la nomination d’un ministre déjà connu pour son action délétère au ministère.

On peut mettre de grands hommes au Panthéon. Mais j’ai peur que ce faisant on mette l’idéal qu’ils portaient au congélateur.

Nous adorons les cérémonies mais nous sommes bien timides à lutter pour éviter les drames et promouvoir les valeurs humanistes.

Dépasser le ressentiment

Mais notre devoir, s’il en reste un est de dépasser le ressentiment. Nous devons bien vivre ensemble. A moins de choisir chacune et chacun de nous isoler plus encore dans notre petite communauté, notre petite bulle, notre cercle de pensée étroite où nous ne nous parlerons plus que par l’entremise de quelques réseaux sociaux, puis plus du tout, lorsque notre seul interlocuteur sera une intelligence artificielle chargée de nous conseiller sur notre façon de nettoyer notre maison, d’organiser nos vies ou d’écrire une lettre de motivation.

Nos motivations. Quelles sont-elles aujourd’hui vraiment ? Pas seulement chacune, chacun dans son existence propre, mais au delà. Que voulons-nous qui ne se contente pas de tenter vaguement de sauver quelques conquis sociaux ?

C’est quoi notre but ?

Un petit peu

Je me raccrocherai au bleu du ciel. J’ai pensé au sketch de Zouc. « Ce bleu ! Tu le vois ce bleu ? » C’est dans l’Exposition. La folie prémonitoire de cette immense artiste qui nous désignait dans les recoins de notre âme. J’espère qu’elle ne va pas trop mal…

Cet article a le numéro 900. 900 publications déjà en ligne entre poèmes, chansons et textes divers. C’est beaucoup trop.

Et je veux bien tenter d’exister dans ce trop si vous y mettez un peu du vôtre.

À une époque je disais souvent essayer de vivre « sans fierté ni honte ». Aucune auto-disqualification là dedans, mais juste la revendication de s’assumer. C’est l’humanisme qui doit rester la valeur première pour que nous puissions vivre ensemble.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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