Il s’est imposé tranquillement. Peu à peu me voilà sous la protection du chêne. Il est devenu également le symbole du site. Bien qu’il se trouve à quelques kilomètres de la maison, je le présente aux visiteurs qui passent. Le chien lui même sait à la promenade que nous irons le saluer, forcément, et jamais il n’oserait lever la patte contre son tronc !
La chanson de Brassens
J'ai plaqué mon chêne comme un saligaud
Mon copain le chêne, mon alter ego
On était du même bois, un peu rustique, un peu brut
Dont on fait n'importe quoi sauf naturellement les flûtes
J'ai maintenant des frênes, des arbres de Judée
Tous de bonne graine, de haute futaie
Mais toi, tu manques à l'appel, ma vieille branche de campagne
Mon seul arbre de Noël, mon mât de cocagne··
Georges Brassens
A contrario du grand Georges, le chêne, je l’ai rencontré presque par hasard, sur le causse, là où sont les cazelles récemment construites. J’ai souvent aimé des arbres, un érable des plus charmants habite le jardin, mais là, il s’agit d’un coup de foudre. Sans flamme, c’est dangereux pour les arbres.

Depuis le chemin nous le voyons de loin. Quelque soit la saison, sa silhouette se découpe sur le ciel. Ce qui est incroyable c’est à la fois sa façon d’accueillir, sa personnalité, sa ramure qui esquisse presque un pas de danse. C’est un arbre à la fois majestueux, souriant et chantant…
Surtout, à chaque retrouvailles c’est la même émotion, le même magnétisme. Impossible d’imaginer passer dans le coin sans aller le saluer et même sans le toucher…
Je ne le trouve ni rustique, ni brut. Au contraire…
Il conjugue simplicité et raffinement. Depuis avril, il a retrouvé ses feuilles nous rassurant avec sa capacité à s’inscrire avec grâce dans le cycle des saisons.
Sa silhouette

Il a les bras ouverts. Enfant, j’aurais passé des heures à jouer à ses pieds. C’est tout juste si on ne s’embrasse pas. J’avoue, sans non plus me frotter à lui comme la poétesse Angèle Vannier, j’aime toucher son écorce, sentir son odeur qui varie aussi selon la saison et la chaleur. Lorsqu’on arrive sous son ombre, il ne cache pas sa tendresse. C’est un arbre qui nous regarde, très communicant !

Il veille, bon camarade, sur les cazelles (œuvre contemporaine qui permet d’admirer le Quercy depuis le causse). Il sait rester en retrait, discret, mais être présent pour tous les voyageurs.
J’espère juste que les passantes et les passants sauront toujours le respecter.
Symbole

Vous le retrouvez, icône du site, présent dans votre barre d’adresse comme dans le pied de page, stylisé en page d’accueil. Devenu comme une sorte de personnage à part, de symbole, de talisman protecteur… nos rites avec lui restent païens et relèvent de l’amitié mais ce n’est pas sans une certaine dévotion que je viens vers lui.
J’ai déjà raconté qu’il a des vertus consolatrices et apaisantes… Me trouver près de lui aide à relativiser une souffrance ou une difficulté et même à trouver des solutions… Il aide à ce positionnement légèrement décalé, où sans jugement on peut être soi-même en se reliant à la vie.
Car c’est de cela qu’il est question au travers de ce chêne : la vie, sa vie enracinée qui s’élance vers le ciel.
Son immobilisme n’est qu’apparent.
Voilà pourquoi nous allons à lui régulièrement. D’autres vont à la messe, à confesse, chez l’analyste ou le psy. Lui prend moins cher et son énergie douce est renouvelable, je l’espère à l’infini !
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