Quelle couleur vas-tu choisir ? pour ta journée, ta semaine, ta vie…


un mur de pierres sèches

·

4–6 minutes

Pour ta journée, ta semaine, ta vie, quelle couleur vas-tu choisir ? Celle de ton dernier rêve ? De la brume dehors ? D’une nouvelle de la radio ? Ou celle d’un aléas ? Ou celle d’une indignation ? Quelle emprise laissons-nous sur notre vie aux événements extérieurs, à la vanité des débats inutiles, au besoin de reconnaissance ? Choisissons-nous vraiment ou subissons-nous ?


Vraies et fausses indignations

Un événement dramatique survient. C’est chaque jour. Une injustice nous indigne. Certains ont l’indignation sélective. Il arrive aussi que nous mettions en avant celle qui met de l’eau à notre moulin… Dès lors nous manquons d’honnêteté ou de crédibilité.

Trop souvent nous avons attendu le drame pour réagir. Il y avait pourtant de quoi s’indigner avant.

Peu importe, nous voilà énervés mettant du petit bois au feu de notre ressentiment.

Si je préfère l’indignation à la passivité, à la résignation, je ne veux pas qu’elle m’empêche de penser.

Les nouvelles du Monde, je ne veux plus les entendre trop tôt. Ni lire trop vite les réactions sur les réseaux… Une réaction en entraîne une autre. On se perd dans des commentaires qui n’apportent rien à personne. La contradiction touche vite ses limites aujourd’hui.

Over the clouds

Laurentdewilde

Choisir. Choisir de ne pas se laisser commander la couleur du jour, c’est par exemple, écouter ce matin le merveilleux Over the clouds de Laurent de Wilde. Un univers qui apaise, élargit, parfait lorsqu’on se réveille. C’est l’un de mes albums préférés. Il m’enrichit à chaque fois, ouvre de nouvelles portes…

Sensations mêlées

Je ne nie pas les sensations mêlées : ce matin je ressens quelques courbatures. Une brume épaisse enserre encore le jardin humide. Dehors le chant multiple des oiseaux est incroyable de joie exubérante. Du côté des humains et des animaux domestiques, presque rien, à peine un frémissement du côté des maisons autour. Les classes reprennent ce matin. Le petit stress du dimanche soir est passé.

J’ai devant moi quelques taches domestiques qui vont imposer un certain tempo. Je ne saurais cependant me contenter de m’y réfugier.

Des aléas familiaux sont venus perturber le climat constructif dans lequel je me trouvais : projets, activités, attitudes… Certaines priorités viennent perturber ce qui était prévu. C’est la vie. Faire ce que l’on doit, mais choisir comment.

Reprendre le gouvernail en mains

On se laisse parfois porter par le courant. Culpabiliser est une perte d’énergie.

En mars 1961, un spermatozoïde traversa la couche d’un ovule pour fusionner en une seule cellule qui deviendra la personne qui écrit ces lignes. En mars 1987 la génitrice disparut. De la tristesse je sus trouver des ressorts pour changer de vie et faire de belles choses, de belles rencontres. En mars 2025 le géniteur disparut. Petit garçon, l’un de mes jeux préférés était de « jouer aux orphelins ». Cette mort là remue des tristes souvenirs mais libère de la dernière peur. Je renonce à la succession pour mieux me réinventer…

Il me reste de belles choses à faire et de belles rencontres, plus de liberté, plus de choix et si la mort attend au bout du chemin je ne suis pas pressé d’aller directement lui renifler les fesses.

Je veux choisir la couleur ou mieux, jouer avec les mélanges, les nuances. Un peu de bleu, de jaune, de rouge.

As-tu choisi ce que tu fais à présent ?

Bien sûr, il y a des obligations, des soins à porter à la maison, aux animaux, à soi même… Outre le fait que l’on peut choisir comment on procède, quel style on va donner aux actes les plus ordinaires, les plus quotidiens, on peut en définir le moment, optimiser le temps, les penser… Être présent à ce que je fais.

Il reste ces parasites qui nous encombrent : ces gestes faciles qui nous font allumer une radio, une télévision, consulter un smartphone, céder à une visite « obligatoire ». Ces parasites sont insidieux : ils instillent de fausses urgences, ils nous tétanisent en perturbant notre réel. Les médias ne cessent de vouloir nous dicter notre façon de penser. Il faut trier beaucoup. La vérité est souvent ailleurs dans un réel qui échappe aux complotistes et aux chefs des chapelles à penser.

Comme nombre d’objets nous encombrent, gadgets inutiles, des flux continus viennent nous envahir. Ils remplacent les préjugés et superstitions d’autrefois qui permettaient de maintenir le joug sur les populations.

Résister mais agir pour choisir

Il ne s’agit pas de se couper du Monde. Cela conduirait à un autre obscurantisme. Il s’agit de résister à certaines facilités, à l’habitus, mais sans dogmatisme, sans intégrisme. La couleur unique que l’on donne à sa vie, c’est un cheminement, un sens que l’on produit en agissant en cohérence avec ses valeurs sans attendre que tout soit donné.

L’orphelin possède la liberté du pionnier. Il doit garder en tête ses valeurs sans s’inféoder, sans craindre de ne pas être aimé, sans chercher l’assentiment mais en cherchant des alliances pour créer.

Choisir c’est créer avec ce que l’on trouve. C’est faire confiance à l’invention. La bonne couleur du moment, peut-être provisoire c’est celle de l’engagement, de la mise en marche, de la façon de prendre sa place dans le paysage sans se faire violence, ni faire violence à autrui.

Garder la lampe allumée

Il faut une fonction de veille, de bienveillance à soi, d’attention portée.

Quelle couleur vas-tu choisir ? Après tout tu as le droit de t’accorder un moment de gris, de tristesse. Tu as le droit aussi de dire qu’à présent, tu t’es remis en marche, que c’est toi qui choisis ce que tu veux faire même s’il te semble que le choix est contraint… Ce ne sont souvent que des apparences qui masquent les espaces immenses qui restent à explorer, à réinventer.

Ce qui compte, c’est de ne pas se laisser commander la couleur du jour par autrui.

Dans quelques heures, la brume qui entoure la maison va se lever. Ma joie est déjà là comme une énergie cherchant la lumière.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


VOUS POURRIEZ AIMER AUSSI

dernières publications

Les commentaires

Commentez, ou publiez une réponse sur votre blog (avec un lien vers cet article) ou sur le Fediverse (Mastodon, etc.) : elle apparaîtra ici.

Un mot en retour ?

Vous souhaitez citer cet article sur votre site ? Indiquez simplement votre lien ici.