Ce petit pincement au cœur…


Jardin

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2–4 minutes

Ce petit pincement au cœur, le connaissez-vous ? Quand le dimanche a été beau, ensoleillé, joyeux et que le lendemain, il faudra reprendre le chemin de l’école ou du bureau. Plus fort encore quand il a le goût d’une fin de vacances…


Ils jouent les prolongations.

Les enfants au jardin jouent les prolongations. Le ballon, le chien, l’herbe verte, tout donne envie de rester. Il a fait si beau.

— Encore un peu, s’il te plaît !

Un peu de liberté, un peu de temps gardé du côté de la fête.

— Ont-ils fait leurs devoirs au moins ?

La belle-mère qui invite à rester dîner. Les négociations de dernière minute. Les concessions.

— Il y a des restes. Ne vous inquiétez pas pour la vaisselle…

— Mais on ne va pas vous laisser tout ce désordre ! On ne pourra pas rester tard… Chéri qu’est-ce que tu en penses ?

— Oui, mais on ne pourra pas rester tard

— C’est ce que je disais

— Il ne faudra pas boire à cause de la route

— Je sais encore me contrôler…

Un frisson d’énervement électrise la pièce. Le grand-père s’est mis courageusement en retrait.

— Faites pour le mieux

L’adolescent qui se souvient soudainement d’un contrôle en Histoire. Relire dans un coin ? Attendre ce soir, avant de s’endormir. Mais n’en rien dire surtout.

Des contraintes de distance, d’embouteillages, de fatigue. Les regards discrets aux agendas, à la messagerie. Il faut toujours qu’un supérieur hiérarchique joue les trouble-fête à distance en envoyant des messages et des rectificatifs aux messages depuis onze heures ce matin. Il ne se repose donc jamais celui-là ?

Le cartable du dimanche soir

Je le vois comme si c’était hier. Je le sens. Son odeur de cuir. Se souvenir des affaires à emporter, des consignes du prof. Changer la cartouche d’encre, encore fallait-il en trouver. La tenue de sport. La tenue pas prête. Ce film du lendemain qui se déroulait dans la tête alors que j’avais encore un peu de soleil sur la peau, que j’avais trop mangé. L’espoir que la prof de français serait malade. Penser à partir plus tôt, il ne fallait pas manquer le bus, espérer y trouver Nathalie, et de ne pas croiser le crétin… En attendant, le soir, avant de glisser sous les draps, relire le cahier de textes, être sûr d’avoir oublié quelque chose, quelque chose qu’il aurait fallu écrire, impossible d’appeler personne un dimanche, rajouter des feuilles à petits carreaux, se pincer aux anneaux du classeur, entendre claquer leur métal.

Le dimanche soir où il fallait se coucher tôt après avoir remonté le papillon du réveil mécanique. C’était un soir où le sommeil venait plus difficilement.

Mais ce fut comme ça étudiant, jeune maître et dans tous les autres métiers. Le même pincement, cette sensation qu’il faudrait remettre l’uniforme, passer le licol, reprendre la direction des contraintes et des choses obligatoires…

J’ai pourtant aimé l’école et mon travail. Le lundi j’étais du genre à pousser la porte en premier. Quand les autres arrivaient, j’étais déjà « chauffé », l’esprit prompt à l’action…

Mais cette espèce de douleur, d’arrachement de fin de dimanche pesait comme une sorte de punition, un mélange de tristesse, un sentiment de perte…

Aujourd’hui encore

J’ai mille choses à faire cette semaine et des explorations… mais aucune véritable obligation, aucune contrainte horaire réelle, aucun rendez-vous même à l’agenda rien d’ autre que des amusements…

Pourtant, je la ressens encore cette petite émotion, ce petit pincement du dimanche soir. Il a fait si beau, c’était une belle journée !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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