Pourquoi tu ne publies pas sous licence creative commons ?


Creative commons

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5–8 minutes

« C’est vrai. Tu dis que tu es utilisateur du libre, n’utilise que des logiciels libres mais ton site reste soumis au droit d’auteur classique. Pourquoi tu ne le partages pas sous licence creative commons ? » J’aime bien les questions.


Je me suis interrogé mais…

Rappel sur que sont les licences creative commons

Comme le dit le site les Infostratèges : Une licence Creative Commons est un acte de cession par lequel l’auteur cède à l’avance une partie de ses droits d’exploitation sur ses œuvres dans les conditions et limites de la licence attachée à celles-ci. Le droit d’auteur ou le copyright (selon les pays d’origine) n’est pas gommé ; l’auteur utilise sa faculté de céder librement des droits d’exploitation sur ses œuvres pour mettre celles-ci à la disposition de la collectivité. Lorsqu’un site web se place sous l’empire d’une de ces licences, il précise les droits dont disposent les visiteurs pour réutiliser les œuvres de ce site. Le seul fait de capturer certaines des ressources du site vaut acceptation des conditions de cession proposées. L’usager ne peut passer outre les limites d’usage concédées.

On trouve une autre présentation sur Wikipedia par exemple.

Parmi les avantages, on rappelle que ces licences ne suppriment pas le droit d’auteur mais permettraient en principe plus de partage et de visibilité d’une œuvre. L’auteur peut à l’avance définir un certain nombre de droits qu’il accordera ou non en matière de reproduction, diffusion, enrichissement, transformation… Des droits d’exploitation commerciale peuvent être concédés.

Par le passé, j’ai eu des sites qui fonctionnaient avec ce type de licence.

J’ai été l’auteur d’un site professionnel dont de nombreuses pages ont été utilisées dans les IUFM et autres instituts de formation des maîtres (Prepaclasse.net). Celui-ci ne précisait pas au début les droits donnés et il a été par ailleurs largement pompé dans diverses publications et je l’ai parfois découvert tardivement…

J’ai eu un petit site sur le numérique qui utilisait une licence creative commons et je m’étais fait incendier à l’époque parce que je n’acceptais pas de céder les droits commerciaux. Il y avait confusion à mon avis, entre des articles de réflexion personnelle et ce qu’on peut faire avec une application ou un logiciel libre qui repris et modifié peut permettre divers développements.

Le Web est ouvert et l’intelligence artificielle aspire tout

J’ai noté récemment que des robots d’intelligence artificielle passaient sur mon site. Quel honneur ! (On peut le voir au niveau de l’hébergeur). Cela veut dire que d’une certaine façon dans le fil de ce que faisaient déjà les moteurs de recherche, tout est « absorbé » dans le « Grand-Tout Numérique ».

J’ai déjà précisé que ce site était écrit sans recourir à l’intelligence artificielle : mais on m’a proposé très souvent d’intégrer des articles ou des images produits plus rapidement grâce à l’IA !

Le Web est par nature ouvert. Tout est accessible, reproductible… transformable. Il n’est déjà pas simple de contrôler l’édition papier d’un texte, alors, la protection exhaustive du droit d’auteur sur l’Internet est un leurre…

Quelques exemples problématiques

Un site m’a volé des poèmes. Certes, il y a mon nom. Mais je n’ai jamais autorisé son autrice à présenter mes textes dans l’univers assez niaiseux qui est le sien. L’ennui c’est que le site n’est plus mis à jour et que personne ne répond…

Des personnes parfois bien intentionnées, reprennent de larges morceaux de mes textes sur leurs propres sites, sans toujours m’en informer et sans toujours mettre de lien. Ça pourrait sembler sympa, mais c’est contre productif. Les moteurs de recherche dont Google en tête, n’apprécient pas ça. Ce n’est pas que je cherche la célébrité, mais le contenu dupliqué tend à invisibiliser mon site… Pourquoi me punir ? Un lien avec un court extrait suffirait. Et puis, je ne suis pas là pour remplir les pages d’autres sites… ou alors en « auteur invité » et dans ce cas ce serait autre chose…

Par le passé j’ai retrouvé des articles ou des bouts d’articles assez conséquents sur des sites dont les intentions n’étaient pas toujours très honnêtes. C’était des tentatives de récupération que j’ai réussi parfois à stopper. J’ai très rarement été contacté.

Je ne reviendrai pas sur une autre expérience assez douloureuse, il y a plusieurs années, quand sans me consulter, un célèbre site professionnel a voulu mettre en avant un de mes textes. Le flot d’insultes m’avait conduit à fermer le blog ! Ça c’était plus une affaire de « netiquette » que de licence ou de droit d’auteur, mais participe de la même logique où d’une certaine façon, ce que vous mettez en ligne tend à ne plus vous appartenir pour le meilleur ou pour le pire !

Je veux pourtant conserver un semblant de maîtrise

Ce n’est pas un excès d’ego mais au contraire le souci de pouvoir retirer un écrit ou une production qui ne me conviendrait plus qui me conduit à rester dans le cadre du droit d’auteur « classique ».

Je sais bien qu’Internet n’oublie jamais rien, mais il m’est arrivé de retirer des textes pour diverses raisons. Alors, si ces textes sont reproduits ailleurs, ça devient plus compliqué·

Le site de la SACD définit très clairement le droit moral et le droit patrimonial de l’auteur sur une œuvre.

En matière de droit moral

  • le droit de divulgation.
  • le droit de paternité.
  • le droit au respect de l’intégrité de l’œuvre.
  • le droit de retrait et de repentir.

En matière de droit patrimonial : tout ce qui relève de la représentation, de la reproduction…

Les textes sont ou peuvent être concernés par des questions de droit patrimonial

C’est par exemple le cas pour certaines œuvres de fiction qui peuvent être concernées par une délégation de droits ou une gestion des droits d’auteurs à une société (comme la SACD, l’ADAMI) et/ou concernées par un dépôt légal (avec numéro ISSN attribué par exemple).

Il se peut que des textes donnés ici entrent sous une forme ou une autre dans un cadre commercial ou en lien avec l’exploitation d’une œuvre . Je ne veux pas m’interdire de pouvoir le faire en utilisant la matière dont je dispose ici… ce qui serait plus complexe s’il y avait une « divulgation » non maîtrisée… ou une cession de droits au titre d’une licence creative commons.

Alors ?

Comme dit en différents lieux du site et au bas de chaque page, chacune, chacun peut partager un lien ou citer un court extrait. J’ai souvent plaisir à le faire en réciproque. Mais pas à copier un texte en intégrité ou quasi intégralité… et l’intégrer sur son site ou son blog.

Des enseignants m’ont déjà demandé la possibilité de faire apprendre une poésie pour enfants proposée ici… et la réponse a toujours été oui, avec plaisir ! Et dans ce cas, on peut reproduire le texte. En revanche, pour l’ensemble du site, hors cette situation « scolaire », seule la copie personnelle est possible.

Les images sont concernées aussi à l’exception d’images libres de droits pour lesquelles j’essaie de bien donner les sources à chaque fois. Je veux d’ailleurs réduire leur présence, car d’une certaine manière, elles n’ont alors qu’une fonction illustrative de seconde main…

Le but de ce site, décrit pompeusement comme mon « univers pédagogique », c’est aussi de partager une cohérence dans ce qui est présenté ici. C’est de faire de ce site non pas un mille-feuilles mais de faire percevoir ce qui le structure… il est en quelque sorte un « objet » en tant que tel…

Le site reste en accès gratuit pour les visiteuses et visiteurs. Il me prend du temps (ce n’est pas grave et c’est un plaisir). Il coûte (hébergeur, outils…) et de ce point de vue, je réfléchis par exemple, à m’appuyer sur l’édition de contenus numériques pour m’aider à rentrer dans mes frais… mais comme je veux conserver mon indépendance, des choix réfléchis doivent être faits !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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