La nouvelle est tombée. Nous l’avons ramassée. Veuillez en prendre note. C’est ainsi que c’est arrivé. Ce n’est pas un fait d’hiver. Merci à l’astre solaire, quelles belles économies pour le budget du pays !
La petite chienne brûle
Ma tante Ursule
A sur la canicule
Des connaissances lacunaires
En ces temps caniculaires
J’articule
Qu’à cette époque
Où le Soleil se lève
À la même heure que son pote baroque
Le grand Sirius
Le chien d’Orion, soulève
La poussière et dessèche la terre
C'EST LA MISÈRE !
Et nous au bord de l’eau dans nos maillots
Nous clignons des yeux
Le paysan racle son soc
Le rat rode furieux
Les insectes pullulent
Il faut HYDRATER Ursule
Qui sèche dans son froc !
Son dentier capricieux
Se décroche,
L’infirmière veille sur la vieille
Et le raccroche
Clic ! Clac !
Le thermomètre se rapproche
De la limite finale
Flic, flac !
Dans le parc aboie
D’une voix phénoménale
La petite chienne aux abois.
Ursule est MORTE sans effroi
Amen, Alléluia !
Première morte de la canicule
On écrira dans le journal
Qu’elle avait de belles mandibules
Qu’elle adorait les libellules
Mais qu’à oublier son chapeau
Ursule est morte un peu trop tôt
Elle venait juste d’avoir cent ans
Elle était vieille, rouge et sans dent
On l’a retrouvée avachie
Dans son fauteuil, la joue gauchie
L’infirmière la jambe fléchie
La remuant, la secouant
— Il faut rentrer maintenant !
— Vous ne voyez pas qu’elle est morte ?
— On va donc me mettre à la porte
— On vous donnera plutôt la GROSSE médaille de la sécurité sociale !
Une de moins, pour nos impôts, pour nos dépenses, pour la France
Tante Ursule n’est pas morte en vain,
Verse-moi un peu de vin
Fais pas ton chien, il fait un temps DIVIN !
Un temps d’allégorie, un temps où si tu pleures tu ris
Un temps à pas laisser dehors sa vieille tante, ni son ami
Sauf si tu veux faire, de belles économies !

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