Ma première voiture au début des années soixante


la jeep de Vincent

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2–3 minutes

Qui ne se souvient pas de sa première auto ? En triant mes photos hier, je l’ai retrouvée. Ma première voiture au début des années soixante, c’était une jeep. Extrêmement fiable. Elle était rouge. D’ailleurs j’en ai eu deux autres rouges plus tard. Pas des jeeps. Mine de rien, elle me manque et j’adorerais retrouver les sensations de conduite qu’elle offrait.


Les pédales sous les pieds

Elle était en métal. S’il y a une sensation dont je me souvienne, plus que celle du volant, c’est celle des pédales sous les pieds. La barre métallique et rectangulaire où j’appuyais la plante de mes pieds pour l’actionner. Ce merveilleux miracle de pouvoir rouler sur la terrasse et dans les allées du jardin !

Je crois bien sur cette photo que je devais m’apprêter à en faire le plein symbolique avec l’air désabusé qu’il convient…

J’aimais sa forme amicale. Vraiment elle était parfaite. Quand nous avons déménagé j’en ai beaucoup voulu à mon père de l’avoir laissée. Il a fait pareil avec la Dauphine de ma mère qu’il a vendue, empochant tout seul l’argent.

Je me demande bien qui l’a conduite après moi cette jeep rouge !

Je m’en occupais avec passion

Les pannes étaient rares. L’avantage avec une telle voiture c’est qu’elle ne polluait pas. Elle glissait juste avec un petit couinement…

La fugue déjà

C’est à cet âge que j’avais réussi à m’échapper de l’école maternelle. À l’époque nous vivions à Téhéran. Dans les rues de la capitale, un blondinet ne passa pas longtemps inaperçu aussi résolu fut-il à explorer le vaste monde. Un vieil homme dit la légende familiale, me conduisit au commissariat de police. Dans un mélange de français, d’anglais et de farsi, il parait qu’à la question « où sont tes parents ? » je répondis : « Je n’ai pas de papa, ni de ma maman. » Le message était clair.

Plus tard, avec François, dans la vieille 4cv de ma tante garée dans le jardin de Pontoise, nous avons beaucoup joué aux orphelins fuyant au volant de leur voiture pour traverser le pays en guerre.

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Si elle était là…

J’aime encore fuguer. On ne me demande plus où sont mes parents. Je peux partir au loin sans inquiéter personne. J’aimerais tellement qu’elle soit là, sur la terrasse devant la maison. Je crois bien que je pourrais tourner avec autour de la maison, ou même oser la descente du chemin…

Juste un détail auquel je viens de penser soudainement, ma jeep d’antan, elle n’avait pas de freins…


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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