Les vieilles pierres


une arche sur les remparts de Capdenac le Haut

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1–2 minutes

Nous aimons mieux les vieilles pierres que les vieux hommes. La décrépitude nous effraie, nous dégoûte peut-être. Corps et mémoire partent en lambeaux. Comme nous aimons l’usure des pierres jusqu’à la styliser, jusqu’à tenter de la figer ! « Mais tout est impermanence camarade ! » me dit un vieux général qui traînait sur les remparts de Capdenac le Haut en tirant sur sa bouffarde. Quatre-vingt-seize ans aux prunes. « C’est pas demain que je vais arrêter de fumer ! » Il toussa et verdit sur sa béquille, puis cracha et se redressa avant de partir en marmonnant dans de grands gestes me laissant contempler la vallée, dubitatif. Peut-être que c’est lui qui m’enterrera.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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