Nous aimons mieux les vieilles pierres que les vieux hommes. La décrépitude nous effraie, nous dégoûte peut-être. Corps et mémoire partent en lambeaux. Comme nous aimons l’usure des pierres jusqu’à la styliser, jusqu’à tenter de la figer ! « Mais tout est impermanence camarade ! » me dit un vieux général qui traînait sur les remparts de Capdenac le Haut en tirant sur sa bouffarde. Quatre-vingt-seize ans aux prunes. « C’est pas demain que je vais arrêter de fumer ! » Il toussa et verdit sur sa béquille, puis cracha et se redressa avant de partir en marmonnant dans de grands gestes me laissant contempler la vallée, dubitatif. Peut-être que c’est lui qui m’enterrera.
Les vieilles pierres

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1–2 minutes
Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !
Vincent Breton
L’écriveur
Vivons heureux en poésie !
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