L’avenir devant, comme à vingt ans !


Tournesols

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4–6 minutes

Comme un vieux train sur ses rails qui perd progressivement de sa vitesse une fois le moteur coupé, je pourrais poursuivre sans m’interroger de rien, jusqu’à ce que ça s’arrête « mécaniquement ». J’en vois tant qui se meurent dans les petites routines. Je préfère dire et revendiquer que j’ai l’avenir devant, comme à vingt ans, l’expérience en plus. Non pas celle du sachant bourré de certitudes, mais plutôt celle qui s’exprime dans la capacité à refuser ce qui serait mauvais pour moi, là où je me trahirais. S’engager sans se disperser, donner du sens à ce que je fais, choisir . Aller avec résolution sans se torturer, simplifier pour intégrer la complexité et les aléas…


Aléas et incertitudes

Avons-nous tiré des enseignements du confinement, de la canicule, des accidents multiples ? Il faut composer. Des contraintes imprévues surgissent, des imperfections s’imposent. Toujours.

Les adventices reviennent toujours. L’usure engendre des problèmes toujours. La poussière reviendra toujours après le ménage le plus méticuleux. Nous n’aimons guère l’incertitude et pourtant elle croit. Nous devenons maniaques. Et c’est une folie.

L’âge marque mon visage, forcément.

Le gouvernement, appuyé par les médias qui font commerce de scandale, ne tient que parce qu’il génère de l’inquiétude. Notre cerveau est conditionné pour ça. Il nous met dans la peur. Hier la maladie, demain la guerre pour ne pas affronter les problèmes environnementaux et ne pas prendre soin des autres. Et ne rien changer, et ne pas changer.

Dans nos vies, nos maisons, nous instituons souvent notre propre asservissement que ce soit à des routines, des modes alimentaires, des habitudes, des choses que nous acceptons parfois de nos proches, le recours à des machines qui se rendent indispensables…

Il a fallu se faire une raison : j’ai tranché cette fois, comme un dernier épisode de l’impossible avec une relation toxique. C’est de l’énergie perdue qui aspire contre soi et ne donne rien. C’est arroser le sable. Et l’on peut chacune et chacun trouver ainsi de nombreuses choses, habitudes, attitudes au final embarrassantes.

Nous nous compliquons souvent la vie. Nous voulons courir trop de lièvres à la fois.

Ce que je veux juste rappeler, c’est que tout projet est un chemin où le cheminement compte tout autant que le but à atteindre, où il y aura des problèmes. Une vie réussie, c’est une vie où l’on apprend à faire fonctionner son intelligence, à apprendre pour trouver et créer une solution dans le but de prendre soin de soi ou d’autrui, c’est à dire en cohérence avec nos valeurs humaines… J’accepte d’avance les ennuis (sans chercher les problèmes) pour avoir la joie de les résoudre…

Designer sa vie… comme le site !

Ces jours-ci , je travaille pas mal le site dans sa forme et son fond. Pour le rendre plus lisible, pour mettre en avant des productions un peu cachées mais au delà interroger sa structuration, sa pensée, sa cohérence… et son avenir !

Que met-on en avant ? Comment range-t-on les catégories entre elles, que met-on dedans ? C’est un peu comme la façon dont nous rangeons notre maison. Nous oublions ce que nous possédons et nous ne savons pas toujours choisir la bonne ergonomie parce que nous ne prenons pas le temps de regarder nos besoins.

Comment voulons-nous habiter notre maison ? Que voulons-nous y faire ?

Par exemple, avec le site, je peux me contenter de laisser rouler les choses, j’ai hésité même à arrêter ou bien à faire évoluer en poursuivant vers la recherche de cohérence, de simplicité, de sincérité, d’authenticité…

Le site est un bon exemple, métaphore parfaite entre ce qui se voit, ne se voit pas, les aléas, l’histoire qui se construit… pas seulement parce qu’il est lié à ma production créatrice, mais à ma façon de « ranger » les choses et de me projeter.

Comment tu te vois dans cinq ans ?

On pose souvent la question à un jeune qui commence un parcours de formation ou passe un entretien. Comment tu te vois dans cinq ans, dans dix ans ? Plus tard, surtout pour une personne libérée des obligations professionnelles, la question ne semble plus d’actualité. Elle est en réalité presque tabou. Vivant ou pas ? Faisant quoi, pour qui ?

Il n’y a pas d’école pour apprendre à se projeter après le temps de travail dit « obligatoire ». Maintenant je choisis mon tempo, mes domaines… Mais ne comptez pas sur moi pour me laisser reléguer au rôle du vieux qui écrit des poèmes comme d’autres vont à la pêche.

Ce n’est pas un passe-temps. Dans les choses que je veux écrire, il y a de l’utilité première. Pas seulement du domaine de la transmission. Pas seulement pour m’aider à réfléchir. Mais pour produire. Et pour intéresser autrui.

Ma boussole fonctionne bien : « apprendre, créer, partager, prendre soin ». La réflexion menée autour des modes et des choix de vie, je pense que je peux la partager parce qu’elle peut servir à tous les âges.

Apprendre et créer évitent de vieillir. Je dois toutefois composer avec la réalité de forces physiques liées à l’usure… mais que je peux compenser grâce à l’expérience.

Je ne suis pas dans la recherche d’objectifs « chiffrés » d’ailleurs vains mais dans la recherche d’une cohérence avec mes valeurs me permettant d’être dans le flow, mieux avec moi-même, mieux pour les autres.

Je me note dans un coin la dimension intéressante qui est de retravailler ou produire avec d’autres : la dimension coopérative qui au delà de « vivre ensemble » permet de développer le meilleur de l’humanité. Mais sans m’asservir. Coopérer, pas « collaborer » au sens restrictif du terme.

La conviction que l’on a toujours un avenir, n’est pas juste une façon de se motiver mais de revendiquer sa place, de la prendre non en s’opposant, non en prenant le pouvoir contre autrui, mais en s’affirmant sans s’opposer. Et je crois que c’est valable à tout âge.

En notant cela, je me souviens d’un imbécile qui niait mon droit à m’exprimer sur certains sujets du fait de ma position sociale dite de « non actif ». Ce terme d’ailleurs devrait être proscrit. Je ne suis plus soumis à des horaires obligatoires, à des productions normées, mais je produis et crée. Et ça j’ai bien l’intention de poursuivre !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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