C’est la saison des festivals et Figeac en propose un consacré au théâtre depuis plus de 25 ans. Il se veut « exigeant et populaire ». Il a pour mérite d’habiter la ville et d’être assez diversifié. Ce soir, c’est le premier spectacle que j’irai voir de la saison.
Mais je n’irai pas tout voir
Il y a tant à voir entre ce festival et d’autres, que j’étais parvenu l’an dernier à une sorte de « burn-out » du spectateur. Je voulais ne rien manquer mais je me suis trouvé saturé.
Le programme est là : https://www.grand-figeac.fr/wp-content/uploads/2026/05/PROG-FTF26-Web-pages.pdf
Note méchante : le plus dur dans les spectacles pour moi c’est… le public ! Tout bourgeois qu’il est le plus souvent, il ne se tient pas toujours avec élégance et ce dès la file d’attente. Hygiène défaillante du vieux négligé, abus de parfum chez la rombière, on en tousse, et surtout ce caquetage. Ce caquetage insipide et du ma chère. Ça me rappelle ceux que moquait René Goscinny dans les meilleurs des Astérix. Je redoute toujours qui va prendre place à côté de moi.
Je souhaiterais un jour aussi une condamnation peut-être au goudron et aux plumes de l’inventeur de la chaise en plastique mou qui surtout avec la chaleur se tord (la chaise pas l’inventeur) au point de faire craindre qu’elle va se liquéfier et vous rend les reins en vrac. Je préfère encore un dur gradin.
Il n’empêche, faudrait penser à l’assise…
Mais trêve de méchancetés.
Un peu de hasard
Si je réserve, je veux laisser un peu de hasard dans le choix de ce que je vais voir. Ne rien savoir ou presque du spectacle et de qui joue. Ne pas aller lire de critiques avant de voir.
S’il arrive que le répertoire soit connu, accepter de bon augure d’être surpris, aller à la découverte sans a priori.
Parfois, comme en amour, avoir trop d’attentes c’est prendre le risque d’être déçu. En savoir trop long oriente le regard.
Ce que j’aime, c’est redécouvrir à chaque fois le théâtre comme lorsque j’étais jeune ado. Le théâtre qui m’a fait sentir la bonne odeur de troupe, m’a conduit à l’écriture et au jeu.
Je saurai si la pièce est bonne à la fois pour ce qu’elle m’aura apporté de jubilation ou d’émotion intime, si elle m’a donné envie d’écrire et si elle m’a donné envie de jouer.
Rejouer ?
Je n’ose pas y penser. C’est affaire d’opportunités, de rencontres, d’énergie. Écrire peut-être.
J’ai du mal à reprendre la plume côté fiction, côté dialogues.
La période est bizarre et je ne m’autorise pas peut-être, submergé par l’inquiétude.
Se laisser prendre au jeu
Il faut un peu savoir s’abandonner, se laisser attraper et surtout ne pas intellectualiser. Le spectacle de ce soir se jouera en plein air et j’espère que l’ombre sera vite sur nous.
J’aime bien avant de m’y rendre, penser que je vais au spectacle et me demander si quelque part, dans une chambre d’hôtel ou déjà en scène, les acteurs entrent dans la pièce, prennent leurs marques, ont le trac…

Un mot en retour ?