Le festival en Bastides, s’est donné un très beau spectacle de clôture de la saison 2026 en invitant la compagnie Tout en Vrac à venir jouer son détonnant Burning Scarlett, « Autant en emporte le vent, une dernière fois ». Un spectacle intelligent, populaire et jubilatoire.
Une compagnie de Grenoble
Des filles épatantes à l’énergie redoutable dans une mise en scène précise, inventive et au cordeau. Voilà ce qu’a donné à voir cette compagnie qui a plus d’un spectacle dans son sac.
« Théâtre de rue et formes libres » depuis 2004. C’est ce qui est annoncé sur leur site. Leur agenda est chargé. Leur enthousiasme communicatif. Un théâtre vivant anime le groupe, un théâtre à haute teneur en poésie.
La compagnie est engagée dans de nombreuses actions au delà des spectacles. Médiation culturelle, interventions scolaires, formations, projets… La passion guide la compagnie et le collectif prévaut.
L’intelligence du spectacle
Dépassant les visions binaires, « Autant en emporte le vent » est ici bien secoué avec ce « Burning Scarlett » qui sait prendre parti mais laisse le public s’interroger. Scarlett a de sacrés défauts mais est peut-être plus complexe qu’il n’y paraît.
Beaucoup d’effets, souvent spectaculaires et explosifs qui laisseront l’espace en joyeux désordre mais rien n’est gratuit, ni dans la performance, ni dans les choix musicaux, ni dans les nombreux clins d’œil avec une mise en scène (et en abîme) ciselée de Charlotte Meurisse. Une mention spéciale pour les costumes remarquables.
Les cinq comédiennes passeront de rôles féminins à des rôles masculins avec dextérité, on joue ici avec l’espace, ça virevolte, tourne et les surprises ne manquent pas, tout comme le jeu avec les différentes dimensions pour un spectacle très visuel et dont les dialogues mémorables accrochent l’oreille.






Pour retrouver toute la distribution : https://toutenvrac.net/creation/burning-scarlett/
Le public de Villefranche de Rouergue était ce soir un public mélangé et populaire. Mélanges d’âges, de destins. Des gens d’ici, d’ailleurs. Des groupes d’enfants, de personnes en situation de handicap, des gens pour lesquels la gratuité compte et d’autres nombreux qui ont su donner « au chapeau », un public joliment accueilli dans sa diversité, un public certainement heureux d’avoir pu tout à la fois s’émerveiller, rire, s’interroger, rêver. Un public qui se parle et qui partage aussi, sans méfiance de l’autre et cela sans nul doute grâce à la médiation formidable des actrices…

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