Je ne parlerai plus que de ce que j’ai aimé


soleil sur le Causse

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2–3 minutes

En matière de livres, de films, de spectacles, je ne parlerai dorénavant que de ce que j’ai aimé. Je préfère valoriser une œuvre ou un travail pas forcément connu que dilapider mon énergie à dénigrer un auteur célèbre. Parce qu’en plus je deviens vite acerbe. Dire du bien (quand on le pense) fait du bien et me parait plus utile.

Je préfère écrire sur ce que j’aime

Un petit bouquin dont l’auteur ne sera peut-être jamais invité chez Monsieur Traquenard, un film qui n’aura probablement pas de palme ou de prix, une chanteuse qui fait des petites salles et ne sera pas entendue à la radio, une troupe théâtrale de province… ce n’est pas la confidentialité qui fait le talent, mais les perles rares, comme les truffes, il faut parfois aller les dénicher en dehors des grands réseaux.

Quand j’ai commencé à écouter Sam Sauvage, son travail était artisanal et confidentiel. Le voilà qui fait carrière. Je me souviens il y a bien longtemps avoir entendu la voix rauque d’Arthur H dans un jardin à Digne, on n’était pas cinquante.

Je ne m’interdis pas de m’enthousiasmer à propos d’artistes plus célèbres.

On devient vite méchant

J’avais cet été écrit une critique fort méchante notamment sur un film qui m’avait énervé. On me le fit remarquer. Une fois la colère passée, on peut vite filer vers le ressentiment. De toute façon le type ne va pas refaire son film.

Je traîne un vieux gène paternel bien que le monsieur n’ait guère participé à mon éducation. Je l’ai vu faire. Ça doit ressurgir. Le geste d’écriture était acéré. J’ai trouvé ainsi des notes en travers des poèmes de ma mère qui ne méritaient pas cette intrusion. Ma mère cessa d’écrire.

Je n’ai pas forcément bon goût

Je n’intellectualise pas les choses, je les ressens. Je n’aime guère que l’on me prescrive des lectures ou des spectacles. Je préfère les invitations, les incitations douces, les mises en avant, les découvertes.

Je ne cherche pas du spectaculaire, mais à ouvrir l’horizon (le mien d’abord) , découvrir des univers, me sentir enrichi.

Écrire ou chanter c’est difficile, cependant je pense aussi que chacune et chacun devrait se sentir assez rassuré·e pour essayer sans risque.

On moque volontiers l’écrivain avec sa plume, le poète qui gratte sa guitare. Il faudrait des effets, du clinquant ou pire du concept.

Je demande juste à être touché, de l’humanisme et trouver de l’espoir dans une œuvre.

Savoir se contrôler

Un peu d’inhibition sera nécessaire, mais surtout mieux orienter l’énergie.

Jouer les guetteurs, les chercheurs, les dénicheurs si je peux et plus encore les passeurs.

Je n’oublie pas que les temps sont rudes pour la Culture : plus de véritable ministère, commercialisation à outrance de quelques « stars » au déficit des autres.

Voilà, c’était un peu une note pour moi-même…


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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