J’ai des plaisirs simples. Il me plaît de savoir que les bestioles aiment trouver refuge au jardin, surtout pardon, en période de chasse. Deux nouvelles copines ont investi les lieux. Monsieur le Coq faisan vient parfois en solitaire imposer son cri grinçant. Elles font mine de s’effrayer si j’apparais mais elles ont vite compris que je leur jetais des graines…
De vraies sources de bonheur
Depuis un moment, je ne croise plus de chevreuils et ça m’attriste. Les écureuils sont assez présents, j’ai vu une fois une genette et même une tortue terrestre probablement échappée ou éconduite d’une maison du voisinage.
De nombreux oiseaux passent par le jardin, des rapaces survolent la vallée et près du Lot on trouve hérons et grands cormorans. Ici c’est aussi le pays des batraciens, des lézards, des serpents et des insectes. C’est en Aveyron que fut tourné il y a longtemps le fameux fil Microcosmos.
Des chevaux, des ânes, des bovins, des brebis… la présence animale est assurée. Les chasseurs ont des chiens parfois énervés et les retraités de petits loulous replets, un rien bouffis. Quelques jeunes se retrouvent avec de grands chiens qu’ils ne maîtrisent pas toujours. Mais ce monde ne passe pas du côté du hameau.
En ville, les animaux sont plus présents qu’on ne l’imagine, mais ici, il suffit de traîner un peu, de ne pas faire trop de bruit, d’ouvrir les yeux surtout, et l’on finit par croiser quelque animal.
Je ne sais pas d’où ça vient, ni pourquoi, chacune de ces rencontres impromptues crée en moi un choc de bonheur puissant et peut influer toujours positivement toute ma journée.
Porteurs de chance et de bonheur
Croiser des chevreuils notamment me met en joie. À part le chant de la récré, je ne connais rien qui ne me mette ainsi instantanément de bonne humeur si par hasard je ne l’étais pas vraiment.
Pouvoir saisir quelques instants de leur mystère, les surprendre dans leur liberté, leur fragilité.
Depuis que le chien n’est plus, celles et ceux qui avaient un peu peur de lui s’avancent plus aisément dans le jardin.

La chatte qui commence à se faire vieille les observe du coin de l’œil, mais sa flemme est plus forte que l’envie d’aller jouer les grands fauves. Il est vrai, en revanche, que je ne croise pas de rongeur dans le secteur. Trois chats se répartissent le territoire, ça n’incite guère à prospérer. Les barbastelles sont assez malignes et savent se débrouiller.
Cela me rappelle avoir vu des hirondelles capables de se mettre en ordre de bataille et lancer des piqués à la manière des pilotes de chasse pour dissuader les félins.
C’est naïf, enfantin, mais quand je vois cette vie animale, j’oublie tout et l’optimisme revient.
Et si j’ai la joie de partager ce moment avec un enfant qui s’ébahit, alors là, je suis sur un petit nuage.
Je reste toujours étonné de voir l’indifférence de certains quand ce n’est pas pire.


Un mot en retour ?