Je t’ai vu danser ce soir, je t’ai vu sur le plateau, je te vois. Je sais bien que ce qui est écrit arrivera. Tout est là, devant, dans cette certitude. Toi aussi tu le sais… Nul doute que tu te reconnaîtras. Je le sais, tu le sais.
Danseur
Un jour, tu danseras, accrochant ta hanche à mon ventre
Tes yeux dans mes yeux,
Dans ce défi
Ma poitrine se déploiera, forte, sûre et douce
Silhouette contre silhouette
Ta peau, j’en connaîtrai alors le parfum exact
Et cette intimité ne me fera pas peur,
Je danserai debout, claquant du pied dans les éclaboussures
Ta puissance viendra s’effondrer dans l’eau de mon cœur
Falaise de marbre rose aux mains espagnoles
Je me redresserai agile, solide sur mes jambes
Nos désirs arc-boutés tels des espingoles
Trahiront notre joie, ta fougue dans mon âge
Et la musique, la musique, la musique
Nous poussera, nous glisserons dans la métamorphose
De deux corps libérés, les âmes en symbiose
Un seul esprit pour deux, la mécanique du rythme
Aura scellé nos destins dans une éternité
Incommensurable
Puis plus tard, sur l’oreiller de tes confidences
Je te consolerai
Cette perle à ta paupière
Sera la récompense
Ton sourire rasséréné
Ta hanche contre mon ventre
Ton souffle dans ma bouche
S'apaisera
Ta danse dans ma chance
Tu pourras dormir
Dans mon amour parfait
Ne croyez pas aux poèmes autobiographiques, ils sont toujours en deçà de la vérité. Une seule personne saura se reconnaître. Chaque poème à sa clé. Mais la clé n’ouvre jamais que sur la porte première du mystère. Il faut aller un peu plus loin, puis se rapprocher de très près, se mettre les yeux dans les mots jusqu’à en loucher presque, alors, seulement à ce moment là, avec l’exactitude du métronome, vous connaissez la vérité.

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