Comment habitez-vous votre maison ?


la cheminée et le fauteuil dans le salon

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4–6 minutes

Chaque maison, chaque appartement est le croisement d’une histoire personnelle, familiale avec des contraintes imposées par l’architecture. Hier, j’étais centré sur l’observation, le ressenti. « Comment habitez-vous votre maison ? » La question peut sembler étrange, pourtant nous avons une façon d’occuper l’espace qui mérite d’être regardée.


La recherche de cohérence

Mon hypothèse est que la façon de choisir notre lieu de vie (on a plus ou moins le choix), de l’aménager en fonction de contraintes et de décisions, d’en penser les usages comme le choix des objets, leur disposition, la décoration… tous ces éléments vont se trouver plus ou moins en harmonie, en alignement avec nos valeurs, le mode de vie que nous voulons adopter…

C’est évidemment intime, personnel, mais si je dis que je veux « vivre heureux en poésie », cela implique des choix du point de vue des espaces où je veux évoluer, de la façon d’aménager le cadre de vie, donc l’appartement ou la maison.

Certains se laissent commander par le hasard, d’autres font des choix stricts commandés par l’esthétique : les uns accumulent, les autres veulent un espace minimaliste…

Dans une première étape, je me suis amusé à visiter les lieux essayant d’avoir un peu de recul en tentant d’éviter de vouloir trop vite transformer. Je n’en suis pas au premier aménagement. Il s’agit de trouver des ajustements mais parfois, il faut oser changer de logique par exemple pour favoriser les flux ou l’ouverture vers le jardin…

Dans cette maison, je ne suis pas trop encombré d’objets inutiles, j’ai trouvé grosso-modo une bonne façon d’occuper l’espace… Il y a encore quelques nœuds qui coincent d’un point de vue « ergonomique ».

Comment les lieux sont-ils occupés ?

Chez mes grands parents paternels, la pièce centrale était la cuisine. Tout y était pratique et laid, peu confortable. On n’allait déjeuner dans la salle à manger que le dimanche. Les chambres n’étaient fréquentées que pour dormir. Il n’y avait pas de vraie salle de bains et les toilettes étaient encore sans chasse d’eau. Un vestibule glacial en hiver accueillait le téléphone, rarement utilisé.

Chez mes grands parents maternels, la pièce principale était le salon, salle à manger. La cheminée imposante en était le point central, l’attracteur. Les canapés et les fauteuils invitaient à s’y réfugier et l’on déjeunait à la cuisine le matin ou en petit comité.

Je laisse imaginer aux lectrices et lecteurs, quelle était la famille la plus conviviale et chaleureuse.

Ma mère accordait une grande importance à sa chambre. C’était son lieu. Elle y lisait beaucoup et y écoutait ses disques. Aînée de six enfants, elle avait aimé adolescente, pouvoir occuper la « chambre de bonne » sous les toits et y avait crée son univers douillet où sa chatte Cléopâtre dégustait avec elle de la crème de marrons. Mais dans ses maisons, la cuisine était un lieu chaleureux qui sentait bon la confiture maison et les plats mijotés.

Selon les saisons et les visites

Dans le prolongement du salon, j’ai la chance de disposer d’un bureau ouvert sur le jardin. C’est là que j’écris et invente des chansons. Je m’y retrouve tôt le matin. Le lieu est agréable mais contraint pour des raisons techniques liées aux branchements, au mobilier… C’est certainement la pièce que j’occupe le plus le matin…

La chambre d’amis, est la chambre d’Isis la chatte quand nous n’avons pas de visites. J’y vais peu.

Je me suis rendu compte, ces temps derniers, que je n’occupais la cuisine que pour y préparer rapidement les repas. Je me suis retrouvé souvent à manger côté salon, même pas à table.

Dès l’automne, la cheminée est l’attraction de la pièce. Les animaux aiment se caler devant sur le tapis. Image classique. Un temps j’y avais laissé une télévision évacuée… S’il n’y a personne que moi, le salon est la pièce où j’écoute de la musique, où je regarde le jardin derrière la grande baie vitrée, où je lis assis… car si je m’allonge, je vais vite m’endormir.

Si je suis seul, je n’occupe pas comme je le pourrais la terrasse orientée sud-ouest où il fait très chaud.

Je circule beaucoup vers les cabanons du jardin où se trouvent pour l’un les outils et l’autre le bois. Cela pourrait sembler un handicap et en même temps j’apprécie d’avoir à traverser le jardin. Jardin dont j’occupe beaucoup plus la partie retirée que le côté orienté chemin et passages…

Un relevé scientifique ?

Il serait amusant de relever sur quelques jours, où je me trouve à quelle heure et pour faire quoi ? Noter aussi en creux, les lieux où je ne passe pas ou quasiment pas…

Toute chose comparable par ailleurs, nous voyons l’intérêt de mesurer qualitativement et quantitativement ce que nous faisons sur les réseaux sociaux.

On pourrait aussi noter les temps d’entretien, de gestion du feu, de rangements des courses ou du linge. Ces petites choses pratiques, souvent contraignantes, méritent d’être regardées aussi : où je fais ça ? à quel moment ? pourquoi ?

Pour quoi faire ?

Observer la façon dont j’occupe l’espace n’a de vertu que si je commence à imaginer d’autres façons de faire.

Certaines pièces parfois selon mes maisons ont changé de dévolution.

Mon bureau, très contraint, mérite encore d’être amélioré dans son organisation… peut-être allégé…

Habiter la maison en poésie

Si le minimalisme peut aider, un espace trop figé serait mort. Les animaux d’ailleurs viennent imposer « leurs marques » : peluches laissées comme des enfants, traces de pattes indues… Selon les lieux de ma maison, j’y laisse tel ou tel livre en cours de lecture.

Il y a certainement à réinvestir les temps longs de l’entretien, de la cuisine patiente, des repas plus lents, plus conviviaux…

Il fut un temps où je fleurissais l’intérieur, je le fais peu. La musique à écouter est moins présente et je me laisse peu de temps bizarrement pour flâner à la maison. C’est à dire, il y a certainement à oser affirmer plus encore la sérénité des lieux…

Avec l’hiver qui approche, penser peut-être à ce que la chambre d’amis favorise l’activité physique.

Mais je suis déjà à me projeter. Les expérimentations vont venir ensuite.

Et vous ? comment habitez-vous votre maison ?


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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