À la manif du 1er mai à Villefranche de Rouergue, il y avait du vent, des vieux, des discours lus, un tour de ville, pas vraiment du monde et les gendarmes qui prenaient des photographies.
10 heures quinze
Rendez-vous prévu à dix heures trente. Pas grand monde avant quarante-cinq. C’est sur le kiosque que les gars installent le matos, la sono, quelques pancartes.
Pas de merguez, un peu de musique. Au fur et à mesure quelques uns arrivent avec les drapeaux, les dossards. Des gars avec des chiens. Chacun se regroupe sous sa bannière. La place St Jean semble immense, l’air est doux, il y a du vent. Un type colle des affiches, une vieille dame n’ose pas distribuer ses tracts.
Discours
CFDT, CGT, FO. C’est le gars de FO qui s’en est sorti le mieux en évitant de lire un discours in extenso et en évoquant une anecdote pour capter le public. Les autres lisaient plus ou moins habilement de longs feuillets pour redire la même chose à peu près. L’atteinte au premier mai, les symboles, la crise. Le dernier seul a rappelé que chacun avait un rôle à jouer pour mobiliser et que le premier mai ce n’était pas seulement une question de jour chômé, de mémoire mais aussi de revendications à porter.
Il est vrai qu’un premier mai le vendredi c’est tentant pour s’offrir une sortie sur trois jours. Je ne sais pas quel est l’étiage habituel des manifestations dans les sous-préfectures, ce n’était tout de même pas la grande foule des grands soirs.
Les gendarmettes prenaient des photos avec des smartphones qu’on espère de service. La gendarmerie avait mobilisé deux voitures.
Parcours

Au moins le parcours traverse des lieux superbes. Quelques touristes ébahis contemplaient les drapeaux. Après la traversée du centre, la manif devait passer le pont et se rendre à la sous-préfecture.

Il y en avait des commerces d’ouverts, coiffeur, boulanger, épicerie. Villefranche de Rouergue est restée à gauche. C’était autrefois la ville du pharmacien Robert Fabre, le radical de gauche de l’Union de la gauche. La ville reste modérée. Belle et fragile avec son vieux centre et les commerces dont beaucoup sont abandonnés depuis longtemps au profit de la zone commerciale.
La bonne troupe de manifestants allait courageuse, bavarde et résolue mais sans illusions, sans entrain. Si la vie est plutôt douce dans le coin, les inquiétudes, la fragilité de l’emploi, tout cela fait partie du quotidien.
Je me demande ce que nous entendrons ce soir des manifestations à Paris et dans les grandes villes, les seules qui semblent capables d’intéresser les caméras alors que beaucoup se joue dans les sous-préfectures.
Je me demande combien de kilomètres de manifestation j’aurai parcourus au long de ma vie.

Un mot en retour ?