On voudrait parfois remonter le fleuve. À contre courant – chanson, raconte ces moments où la mort nous regarde et attend. Le vieillard tente de négocier quelque chose, il voudrait faire croire qu’en lui l’enfant intérieur est encore vivant. Il voudrait gagner du temps. Mais ce n’est pas négociable…
Oubli
J’avais oublié ce texte, alors je me suis amusé comme souvent à lui improviser une mélodie pour voir si ça coulait…
Le texte
Je remontai avec ardeur le fleuve à contre courant
Sur la rive la mort, me regardait navrée
Jamais tu ne redeviendras cet enfant
Tes souvenirs sont des guenilles usées
Ta bouche mélange déjà les jours et les années
Pauvre vieillard qui scande le chant des orphelins
Mais tes mains vides ne saisissent plus rien
Tu nages dans le vent, livide, les yeux éteints
Ta mémoire s’étiole, tu racontes à ton chien
Des histoires qui ne font que mimer ton destin
Ta vie elle est passée, son écume à la mer
Toute mêlée de brume et de remords
Tu sombres en eaux profondes si loin de tes frères
Que jamais on ne retrouvera ton corps
Entremêlés d’algues singulières
La mort ! Tu peux attendre mon enfant intérieur
Voudrait encore s’étendre, j’entends battre son cœur
C’est un môme plein d’espoir, qui avait des valeurs
Il aurait voulu croire, mieux qu’un champ d’honneur
Pas la peine de se battre, pour devenir meilleur
Il ne respire plus, dit la mort convaincue
Ce que tu serres ce n’est qu’une photo jaunie
Il y a bien longtemps que tu n’existes plus
Que dans la souvenance d’une fausse nostalgie
Ivre des alcools de la mélancolie
Tu peux nager, nage donc, peu importe le sens
Nage en eau profonde, vole dans les grands vents
Plonge dans tes souvenirs, dans ta remembrance
Ton cerveau te confond déjà avec l’enfance
Dans laquelle le sénile s’achève en coïncidence
Tu es déjà en partance !

Un mot en retour ?