Tu peux lever la tête ! On est là


la vitrine de la librairie Calligramme à Cahors affiche des slogans de soutien dans le cadre du mois des fiertés

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3–5 minutes

La librairie Calligrammes de Cahors, ne cache pas son soutien à la cause LGBTQIA+ . C’est courageux en ces temps de régression. Je me dis que ça fait sûrement du bien aussi à certain·e·s passant·e·s. Ce mois des fiertés doit permettre l’affirmation de soi, mais surtout doit mobiliser pour apporter un vrai soutien à celles et ceux qui restent discriminé·e·s .

Un acronyme qui en dit long.

L’acronyme bouge, a bougé, bougera peut-être encore, il est parfois moqué et il faut prendre garde à expliciter.

L. comme lesbienne

G. comme Gay

B. comme bisexuel ou bisexuelle

T. comme trans

Q. pour queer

I. comme intersexe

A. comme asexuel ou asexuelle ou aromantique

Le +… reste ouvert

J’ai découvert depuis le Canada quelque chose d’intéressant qui ajoute les personnes dites « bi-spirituelles » : une personne bispirituelle considère qu’elle possède deux esprits en elle. Un masculin et un féminin. C’est une identité à la fois sexuelle, spirituelle et de genre, propre aux peuples autochtones.

Et cela donne au Québec 2ELGBTQI+

Au passage, un lexique sur la diversité est proposé par le Canada. https://www.btb.termiumplus.gc.ca/publications/diversite-diversity-fra.html

Je le trouve riche d’enseignements.

Une palette de couleurs

Plus que l’idée d’étiquetage réductrice, j’aime celle d’une palette de couleurs qui se mélangent plus ou moins, peuvent évoluer mais dont chaque touche est indispensable au tableau. Cette palette est faite de la même matière humaine.

Les nuances sont infinies.

Être dans sa différence, c’est l’Art d’être soi et de pouvoir trouver sa touche, sa note et de savoir la faire vibrer au contact d’une autre couleur dans une harmonie qui ouvre un nouvel espace en soi…

Le droit à la banalité et le risque du conformisme

Le mariage gay a rappelé qu’il n’y a aucune raison d’exclure quiconque du droit au mariage. Tout couple doit avoir les mêmes droits de fonder une famille, rien ne saurait s’y opposer y compris du point de vue du droit à l’adoption et à la procréation.

Ce faisant, si le mariage gay reprend simplement le modèle patriarcal, alors ça peut-être triste à mourir et source d’asservissement. Le mariage gay est intéressant à la condition qu’il vienne bousculer les codes du mariage traditionnel et de la famille : je pense à la répartition des tâches, à la charge mentale, à la question des rôles… aux pressions et dérives diverses.

La famille, notamment dans les sphères conservatrices et religieuses, reste une institution difficile à mettre en cause. On fait comme si notre modèle était le seul, alors que les ethnologues nous ont montré qu’il existe différentes modalités d’organisations comme il existe différentes modalités d’éducation… et ça bouge, et ça bougera… on le voit avec les familles recomposées.

Je ne peux penser à cette question sans penser aux violences faites aux femmes qui ont lieu au sein de la famille, comme de la majorité des violences faites aux enfants.

C’est le même conformisme qui a engendré et engendre encore au sein des familles exclusions, pressions, persécutions… Ce qui compte c’est que chacun·e puisse s’épanouir et s’émanciper de son destin. Nombre de parents considèrent encore que leurs enfants sont leur propriété ou doivent accomplir les rêves qu’ils ne sont pas eux-mêmes parvenus à mener à bien.

Je les ai rencontrés

Lui qui fut mis dehors même pas majeur, lui qui fut battu et sa chambre détruite le jour où son père découvrit qu’il aimait les garçons, elle qui devait s’habiller en garçon dans sa famille et la cité alors qu’elle se sentait pleinement femme.

À une époque, l’appartement parisien était devenu une sorte de refuge pour quelques oiseaux tombés du nid. Il n’y avait aucune ambiguïté. S’il y avait parfois des récits, des confidences, le plus souvent c’était juste le bonheur d’être ensemble dans un espace apaisant et protégé à boire du thé, manger des pâtisseries et regarder des bêtises à la télévision.

Mais derrière chaque destin, à chaque fois, une histoire injuste, du rejet… Je me demande bien ce que certaines et certains sont devenus. Je les accueillais, j’ai énormément appris.

La solidarité reste nécessaire

Ce n’est pas une question de tolérance mais de pleins droits à reconnaître. C’est une question d’attention bienveillante. Le site Psychom rappelle le poids du stress et des violences sur la santé mentale des personnes LGBTQA+ . À cet égard, encore une fois, la faiblesse de l’aide de l’État est affligeante.

Certaines personnes en réalité fragiles dans leurs propres représentations et dans leur identité s’en prennent aux gays, aux trans… Là, il faut savoir les bloquer. Au delà, il nous faut toujours être en attention bienveillante, en grande délicatesse qu’on se sente concerné·e ou que l’on connaisse une personne.

La période est plutôt sombre et même épouvantable dans certains pays. Ça donne plus de sens encore à la nécessité de se positionner, d’agir quand on le peut.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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