Ce qui compte ? Ce sont les liens, pas les likes.


Danse

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3–5 minutes

Effet pervers de la révolution numérique, tout est prétexte à notation, likes, avis en ligne, compétition… Tout cela engendre une pression sociale liée au besoin de témoigner de sa performance. Tour à tour évaluateur ou évalué, nous voilà oubliant l’essentiel : la qualité de l’échange, l’attention à l’autre. Ce qui compte, ce sont les liens, pas les likes.


S’interroger sur ses valeurs même pour des choses anodines

L’exemple tout simple est celui du site. Je me réfère volontiers à l’idée d’indépendance, j’aime promouvoir le libre, j’ai travaillé à me libérer des géants du Web, bla-bla-bla. Je veille à respecter les visiteuses et visiteurs, ne pister personne. Oui,oui !

Depuis quelques jours, j’ai entrepris d’améliorer la visibilité du site en prenant appui sur des outils favorisant les liens que ce soit vers les réseaux libres, les instances du Fédiverse ou même entre sites. J’ai choisi pour faire ça des outils assez simples à mettre en œuvre à savoir des « plugins » ou extensions.

Pour résumer, les uns améliorent la « découvrabilité », un autre, les « liens ». Très bien. Mais la logique de ces outils est de proposer par défaut d’afficher des compteurs, le nombre de « partages » ou de « j’aime ».
Ils peuvent aussi afficher des commentaires.

Mais qu’est-ce qui compte pour moi ?

Autant un échange ou un commentaire constructifs apportent, autant pour le reste, il n’y a pas à en faire la publicité.

Si j’aime un film, un chanteur ou un livre, ça ne doit pas être influencé parce que les autres seraient nombreux à apprécier la même chose. De très grands artistes méconnus comptent énormément pour moi. Il existe de petits restaurants sans étoile dont la cuisine simple et de qualité me convient bien mieux qu’un gastronomique guindé avec décorum et notoriété. Subjectivité assumée d’un goût pour la différence.

Si je sais qu’un texte partagé ici est apprécié, je peux être touché de l’intérêt qu’il suscite, mais je n’ai aucune fierté à en retirer. Les textes que j’aime le plus de ma propre production n’ont pas forcément rencontré d’écho.

Et certains qui me semblent faciles ou mineurs pour ne pas dire mauvais, ont pu plaire au point que j’en conçoive une forme de gêne… Leur valeur n’est pas là. Elle est dans leur sincérité et dans leur singularité, ce qu’ils peuvent apporter… et si une personne me dit en quoi elle s’est reconnue dans tel ou tel poème, ça me touche bien plus que dix « likes » anonymes.

Les décorations, les médailles, c’est pour les gamins que le cas échéant on n’hésitera pas d’ailleurs à envoyer se faire tuer sous des prétextes souvent fallacieux. Plus j’avance, plus je considère qu’une décoration asservi plus qu’elle n’élève !

Je n’écris pas pour plaire, ni pour déplaire, mais pour intéresser. Ou amuser. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Alors retour à l’essentiel

Si je reviens à mon exemple du site, banal en apparence, ce qui m’intéresse c’est de tisser des liens, de m’inscrire dans cette logique qui se défait justement des géants du web, surtout pas de tenter de les imiter.

J’avais laissé s’afficher ici dans un premier temps des « likes », des « reposts » comme on les voit sur les réseaux sociaux. Mais non ! Ce n’est pas ça qui compte… Et comme en plus ça finissait par alourdir les pages…

Du coup, les commentaires oui, les liens entre sites oui, la découvrabilité oui… mais c’est tout et suffit ! Pas de bouton de vote ici ou de chiffres idiots !

Ce faisant, je me suis senti finalement allégé notamment en étant certain de n’instrumentaliser personne.

La saturation est une chance

Sans même entrer dans les histoires de manipulation, d’instrumentalisation, de compétition, je crois que veiller toujours à la qualité plutôt qu’à la quantité reste valable à peu près dans tous les domaines.

Les logiques de croissance sont celles qui placent aujourd’hui la planète dans une situation qui va demander des adaptations douloureuses. La compétition c’est la guerre. L’orgueil empêche de penser et de donner du sens à ce que nous faisons.

La raison pour laquelle je préfère m’exprimer sur un site personnel, est que je reste maître de ce que je produis, en tout cas responsable. Mon carburant n’est pas l’applaudimètre mais la qualité des liens pour pouvoir continuer d’apprendre, de créer et de partager. De temps en temps, s’arrêter sur ce que l’on fait aide à s’assurer qu’on reste en cohérence.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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