La chose la plus dure, c’est de signer. Alors j’accepte. Il était temps. Le contrat court depuis si longtemps sur ma tête. J’accepte de ne pas être compris.
Alors, j’accepte
Alors j’accepte
Je préfère le silence
Aux singeries d’encouragements
Petit garçon j’allais seul
À la consolation des pivoines
Alors j’accepte
Le risque du contresens
Aux caresses les plus flatteuses
Adolescent je me noyais
Dans l’espoir de ton halo
Alors j’accepte
Que le temps m’efface
Mes cendres dans le sable
Adulte j’imitais
La parole molle des bavards
La cravate bien serrée
Alors j’accepte
Je voudrais me nouer dans le linceul du poète
Voir cracher Rimbaud, humer son linge sale
Qu’il m’étreigne, me serre avec ses cuisses et ses griffes
Arthur, souffle sur ma bouche ton haleine d’eau de vie !
Accroche-toi à mes hanches blafardes,
Grimpe sur mes épaules !
Et dansons sur le quai, face à la rivière qui cogne
Alors, j’accepte de vivre dans le recoin de ta mort nocturne
Et tu ouvres en moi, des portes sur le vide
Où, ma mémoire s’étiolant,
Tu gommes de ta main livide
Tout ce que je disais au monde dans mes croyances d’enfant
Alors j’accepte
Même souillé, ton rictus dans mon cou
Me fait une empreinte indélébile
Et le monde des médisants, sera jaloux
Alors j’accepte de me réduire
Dans le repli insane de ta signature
T'assigne Arthur !

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