Le ministre de la guerre devient premier ministre


Discours

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3–4 minutes

Quoi de plus logique quand on fait la guerre aux citoyens de son pays que de nommer le ministre de la guerre premier ministre ? Le président ne rêve en douce que de guerre : « une bonne guerre ça leur ferait du bien » disait-on autrefois en pensant aux jeunes qui se tenaient mal à table… Il adore adopter un ton martial, il veut même un réarmement démographique. Et puis, une « bonne guerre » ça permettrait d’augmenter ses chances de rester au pouvoir. Le ministre de la guerre devient premier ministre. Voilà.


J’exagère ?

Il y a un parfum de provocation dans cette nomination. On finirait par s’habituer.

Macron m’a souvent fait penser à Napoléon III sans la réussite (si on peut dire) industrielle ou architecturale mais avec les mêmes rodomontades, la même vulgarité, la même obscénité… Il a cette désinvolture du parvenu, cette arrogance du nouveau riche, ce gout inné de la manipulation. Et il se pense fin stratège. Je ne le jalouse en rien.

Zola qui avait en son temps fait des portraits cruels du monarque, se serait régalé avec ce président. Et ça c’est mal terminé avec numéro III comme pour son oncle.

Le budget des armées sera bien défendu. La peur continuera d’être alimentée… et les marchands de canons que chantait Boris Vian continueront de s’enrichir. Voilà un métier que j’aurais dû choisir !

Ils ne méritent pas mon ressentiment

J’allais écrire un couplet où j’aurais dit ce que je pense des partis et des élus au parlement. C’est un peu facile. Il y en a des gentils hein ! En France le nombre de partis politiques ne manque pas, ils manquent juste d’adhérents. En 2025, tous ces mouvements tournent encore avec de vieux logiciels. C’est la compétition. Et la compétition c’est la mort pour tous. Elle isole des rois provisoires.

J’ai toujours utilisé ma carte d’électeur mais plus j’avance plus je prends la tangente. Il y a bien longtemps que je ne vote plus par choix mais pour éviter le pire. Il n’y a pas une seule fois où je n’ai éprouvé le sentiment de trahison. Je reste attaché au vote mais il faudrait une démocratie plus directe, plus souple, qui ose parler de valeurs… en finir avec la professionnalisation de la vie politique. Vive le mandat unique non renouvelable et toc !

Autrefois les progrès ou conquis sociaux s’obtenaient par les luttes sociales. Elles sont plus que jamais difficiles à mener. Il y a tant d’intérêts divergents, de méconnaissances mutuelles…

Les vrais changements dans la société, les progrès à imaginer, ne passeront plus pour la plupart par le parlement mais plutôt par le local, l’action et l’initiative concrète, les liens, la coopération… Un peu à l’instar des instances des réseaux sociaux du Fédiverse, je vois le développement de bulles de coopération, de co-constructions autour de projets partagés. Le risque étant que la cooptation ou le communautarisme ne prenne le dessus, que l’État ne disparaisse certes avec ce qu’il porte de problématique mais aussi dans sa capacité à nous protéger encore…

Mais, nulle envie de sombrer dans le ressentiment. Je n’ai pas besoin d’ennemi. Je veux être respecté et pour cela je dois respecter l’autre. Ce qui n’empêche pas de moquer le pouvoir surtout lorsqu’il est cynique.

Si ça se trouve, Lecornu quand il ne commande pas de nouveaux missiles sur le catalogue Dassault pour dézinguer des pauvres types c’est un super type, hyper sensible et même drôle.

Pas surpris, pas déçu

Je ne suis donc pas très surpris, je ne suis pas déçu puisque maintenant nous avons compris le fonctionnement du locataire de l’Élysée.

L’horizon politique et social est noir. Nous verrons comment il faudra s’adapter, résister … J’allais dire des choses plus tristes encore.

Nos emmerdes ne sont rien à côté de celles des peuples massacrés. Et ça ne manque pas sur la planète en ce moment .

Ça ne justifie pas qu’on nous mente ici ou que certains continuent de faire progresser leur fortune avec indécence…

Quand j’étais petit, je n’imaginais pas que ce serait aussi triste le 21ème siècle. Vivement le 22ème !

En attendant, il va falloir trouver des subterfuges pour tracer notre propre chemin.


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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