Les poumons de Galou


Galou

·

1–2 minutes
L’été vertical
Traverse de son clou
Les poumons de Galou

Reste mon chien à l’ombre de mes mains !
L’eau fraîche, je te la donne
Tu respires fort,
Respire encore,

Je crains
L’heure où tes poumons se noieront
Dans la douleur de ton cœur
Ta respiration
Je l’entends sertie de douleur

Puis, tu t’apaises et veilles sur la maison
Tu veilles sur mes peurs, ma déraison
Tout à l’heure encor tu joueras dans l’herbe
Avec ces balles où ta joie s’exacerbe

Grand maître du peuple des chiens
Chiennes et chiens qui sans manière m’accompagnèrent
Chiens qui me guidèrent moi, l’aveugle
Chiens qui me protégèrent des onagres qui meuglent
Des humains rudes et amers
Du doute, de la rumeur, des pervers
Grand maître savant qui lit en moi
Qui désigne en moi, si sûrement
L’enfant

Tel un lion tu t’allonges,
Tes songes de sagesse
Connaissent déjà l’adresse
Où l’âme se prolonge

Car les chiens ont une âme
Comme chaque espèce
L’homme, la femme
L’animal, la plante, le caillou qui transperce
Le ciel et son soleil, Les oiseaux, la rivière
Tout cela tient dans la main du même monde vital
Mon chien à l’amour sûr et phénoménal
Quel roman contiens-tu qui raconte nos vies ?

Quel poème sais-tu, quel conte tu me dis ?
Entre tes pattes, je pose la tête et tu souris
Parce qu’un chien sourit, si les gens ne voient pas
Épris de leurs manies, ils se prennent pour des rois
S’ils ne savent pas, je suis à ton alliance
Dans cette confidence où ta fatigue surgit
Pourtant, je te vois, délicat mon ami
Tu ne te plains, pas vivre te suffit

Que l’été allège son fer,
Que les ruisseaux rafraîchissent tes pattes
Pour toi j’ai rempli la grande jatte
Tu plonges la truffe prend ta respiration
Et bois, et bois oh la belle ablution !

Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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