Une chapelle baroque, des chanteurs d’Opéra chantant en occitan, la chorale locale occitane LKP dirigée par Rénat Durié et tout ce monde partageant chansons de troubadours jusqu’à des créations contemporaines pour un moment à part, c’était le spectacle World Troubadours donné à Villefranche de Rouergue ce 15 juillet 26 pour Opéra Bastides.
Mais la touffeur
Il en fallait des éventails aux dames pour tenir. Je me suis dit que la prochaine fois, je m’en apporterai un. Les messieurs aussi y on droit non ? La chapelle des Pénitents noirs n’est pas la plus fraîche de Villefranche de Rouergue. Mais elle est si belle ! Enfin baroque.

Je peux admirer le travail, mais j’avoue n’éprouver que peu d’émotion à ce décor.
Il faisait chaud, le spectacle n’a pas été aussi long que prévu. Très peu de jeunes dans le public. Beaucoup d’habitués. Comme je ne suis pas connu j’eus droit à un accueil aussi dédaigneux que revêche. Le statut de bénévole doit donner ce droit sur le quidam qui a payé sa place.
Le festival est récent. Quand d’autres perdent du temps en explications bavardes et en longs remerciements fastidieux, il a manqué un peu d’introduction à ce qui fut présenté. Rénat Jurié, célébrité locale, a certes parlé en occitan, presque plus compréhensible dans cette langue qu’en français. Sans micro nous n’entendions rien à ses explications. Un programme était distribué, mais comme dans les spectacles à la fenêtre donnés lors du marché du jeudi, nous aider à mieux identifier les artistes, ce serait bien.
Bon passons la frustration, l’absence de décodeur fourni, il y avait de belles choses même s’il manquait un fil conducteur très lisible à l’ensemble pour surmonter l’effet de collage.
Dépasser l’idée réductrice de folklore et relier le passé au présent
Pas évident de revisiter des chants que peu ou prou toute personne venue en Occitanie ou en Provence a déjà entendu souvent malmenés d’ailleurs au risque du ressassement. Ici, on a donné des versions souvent garanties « pur Rouergue » mais surtout si on fermait les yeux, savait-on y retrouver les accents les plus anciens et des cousinages avec des chants de l’Orient. Rénat Jurié dirige sa chorale avec entrain et conviction. Il est probablement immortel cet homme et les chanteurs le suivent avec une abnégation sans faille comme on dit.
Puis là surgit une voix d’Opéra
Contraste saisissant entre les générations
Et talent incroyable du chef de chœur se lançant à son tour au moment du Salve Regina dans une version locale connue du coté d’Estaing.
Et là, il se comprend toute la délicatesse d’un art hautement savant.
Luis Orozco qu’on doit voir à côté du maître si je l’ai bien identifié, a coordonné l’ensemble.
Je renvoie au site de l’Opéra Bastides pour retrouver le détail.
Au piano : Emma Anderson, Anthony Zamora, Yaxuan Li.
Voix : Caroline Friend, Emma Smith, Svttlana Merlichenko, Daniela Pyne, Catharina Mangane.

Un mot en retour ?