Dès le mois de mai, il y avait eu pour commencer le festival de jazz. Cet été comme les précédents, vont s’enchaîner le festival de théâtre de Figeac, Africajarc, le Festival en Bastides avec les arts de la rue ou les Rencontres musicales… De quoi se nourrir, mais il faut prendre garde à l’indigestion !
Programmer sans se charger
Pour Sandrine Bonnaire, c’est loupé. Plus de place, c’est logique, j’aurais dû m’y prendre plus tôt. J’ai réservé quatre spectacles pour le festival de Théâtre et repéré divers moments en juillet et août mais je me suis souvenu que l’an dernier, j’avais fini par saturer. Donc prudence !
Ici, ce n’est pas seulement aller au spectacle, c’est rouler avant, après… Organiser l’agenda est nécessaire surtout si on ne veut pas trop avoir à trop courir notamment parce que plusieurs festivals se chevauchent.
Il y a tout de même beaucoup de gratuit, le théâtre reste abordable, sauf pour les familles et puis s’il faut se restaurer, les budgets enflent vite malgré tout.
Les gens d’ici
Si les festivals animent le Rouergue ou le Quercy et c’est formidable, j’y vois surtout des retraités venus d’ailleurs, des touristes, souvent aisés, notamment quand il s’agit d’aller écouter de la musique classique et vraiment trop peu de jeunes et trop peu de gens du pays.
Il manque une médiation, un travail de lien en direction des scolaires, de celles et ceux qui sont éloignés des réseaux de la culture. Les collectivités locales s’impliquent, mettent de l’argent mais j’ai l’impression qu’on est trop timides à aller chercher le public local.
Je le mesure quand j’interroge des locaux qui vivent là à l’année : ils ignorent l’événement ou ne se sentent pas concernés, comme si ça n’était pas pour eux. Non, ils n’y vont pas. Ils aiment bien le théâtre ou la musique mais… Peut-être qu’ils n’osent pas, ne voient pas ce qui pourrait les intéresser…
C’est vrai qu’en recevant la brochure touffue de l’un des festivals et bien que disposant de temps, je trouve parfois compliqué de choisir, se projeter… Ces présentations s’adressent à des personnes déjà convaincues, acquises, si on veut.
Et cela me fend le cœur quand je pense par ailleurs aux scores de l’extrême droite dans mon village. Dans mon village on fait la fête avec la course de brouettes. Laquelle n’a rien d’indigne, hélas le pont entre la fête votive et le festival culturel reste à bâtir.
Mais il est vrai qu’il n’y a plus de politique culturelle depuis longtemps dans ce pays…

Tu crois que je chipote ?
C’est marrant, je me souviens du temps où adolescents, nous avions une troupe et nous allions de salle des fêtes en foyer des anciens. Nous n’étions pas de grands acteurs, mais nous glissions deux ou trois choses et nous remplissions les salles uniquement avec les gens des villages. Il y avait du monde !
Le Festival en Bastides fait pas mal ça. Il agrège les gens des villages parce qu’il va là où ils sont.
Les officiels, les chapeaux à plume, les décideurs, devraient un peu mieux réfléchir à la possibilité de re-tisser du lien avec et par la Culture en la rendant populaire (et non pas en ne laissant au bon peuple que l’heur de fréquenter la lie ou la soupe commerciale), les gens de culture devraient peut-être bien se secouer légèrement aussi… J’aimerais que ça se mélange un peu plus dans les spectacles et ne pas retrouver les mêmes têtes chenues de nantis comme cette vieille dame poudrée qui à chaque fois (au moins trois l’an dernier !) tente de me doubler dans la file.
Heureusement, elle ne lit pas ce blog !

Un mot en retour ?