La foule des mardis soirs était venue goûter le joli programme préparé avec soin par Olivier Pons. Musique tzigane ? Les grands compositeurs romantiques, modernistes et néo-classiques ont su s’approprier les accents d’un folklore qui loin des poncifs sait relier la joie à la souffrance, le voyage, la liberté du nomade à la rencontre du sédentaire.
Les cordes n’aiment pas la canicule
Qui parlera de la souffrance des instruments avec la canicule encore pesante même en début de soirée ?
Le violon doit être accordé souvent, surtout lorsque le répertoire le sollicite dans les aigus.
Olivier Pons : Violon, Massanori Kobiki : Piano, Helen Linden : Violoncelle
Piliers des rencontres musicales de Figeac, ils tiennent la boutique. Olivier Pons concocte, anime avec détermination, pédagogie et humour. Massanori Kobiki accompagne avec complicité. Helen Linden ne ménage ni son humour, ni sa fermeté à dompter le violoncelle qu’elle emmène dans des nuances inattendues.


Oh Ravel !
Très jolie progression de Brahms à Bartok en passant par Monti et surtout Ravel. Joli programme équilibré revisitant des « airs connus » pour leur redonner chair. Et Ravel ! Quelle écriture et quelle interprétation captivante.
Le public
Il a fallu rajouter des chaises. Nombre de vieux devraient fréquenter plus assidûment le cours de gym, incapables d’escalader trois marches. Le public bourgeois n’est pas celui qui se tient le mieux.
Soirée libre, gratuite, sans réservation. Alors certains bloquent des places pour la copine qui ne viendra pas. Mais surtout, honte aux rustres (pas nombreux mais visibles) qui quittèrent le spectacle en cours de route. Ce fut relevé avec humour par Olivier Pons. Je suis certain que si le spectacle avait été payant, ils seraient restés. D’autant qu’ils ont loupé le meilleur. Un artiste ça se respecte et ça ne se zappe pas comme un scroll sur Instagram.
Passons sur les nouilles qui applaudissent au milieu du morceau. Anticipant, la violoncelliste savait mimer au public de ne pas bouger. Cela traduit aussi cette difficulté d’apprécier le silence.
Dans les écoles, on devrait apprendre à écouter le silence entre les musiques, à accepter y compris dans les échanges oraux, ces moments où la parole respire pour laisser passer la pensée et les ressentis.
Sur le chemin du retour, les phares éclairant les lacets de la départementale, je n’ai pas mis de musique pour garder encore les échos du concert.

Un mot en retour ?