Drelin, drelin, on rend novembre !


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4–7 minutes

Bonjour ou bonsoir ? Drelin, drelin, on rend novembre ! C’est la petite cloche qui sonne. Celle-là regarde la vallée du Lot. En guise de salut, de clin d’œil, de petit signe quotidien, je vais m’essayer au billet d’humeur. J’inaugure ici la rubrique. Notations et impressions au fil de la vie, ce ne sera pas de la grande philosophie mais une sorte d’exercice, de gymnastique, de travaux pratiques où sans renier la critique utile, je partagerai avec vous images et impressions…

Bonjour ou bonsoir ?

Ce sera selon. Selon mon heure ou la vôtre. Avec les internets on a des amis du bout du monde qui se couchent quand on se lève.

Je vous parle de bon matin. J’entends à la télévision un paltoquet d’extrême droite vomir sa petite haine. Vulgarité d’un personnage jeune en âge que je trouve si vieux en esprit et qui se garde de condamner clairement les exactions de nazillons. Voilà des personnages éloignés de toute poésie. Les voilà confinés dans leurs certitudes maladives prompts à mettre du petit bois au feu de la discorde et de la zizanie.

Et je pense aux « étranges étrangers » de Prévert.

Novembre tire sa révérence

On se sera bien disputés. Ce n’est pas fini. Guerres dehors, guerres dedans. Comme s’il n’y avait pas d’autres urgences.

Alors me vient forcément à l’esprit, ce merveilleux et terrible texte du vieux Victor qu’on devrait apprendre dans toutes les écoles …

Depuis six mille ans la guerre
Plait aux peuples querelleurs,
Et Dieu perd son temps à faire
Les étoiles et les fleurs.

Les conseils du ciel immense,
Du lys pur, du nid doré,
N'ôtent aucune démence
Du cœur de l'homme effaré.

Les carnages, les victoires,
Voilà notre grand amour ;
Et les multitudes noires
Ont pour grelot le tambour.

La gloire, sous ses chimères
Et sous ses chars triomphants,
Met toutes les pauvres mères
Et tous les petits enfants.

Notre bonheur est farouche ;
C'est de dire : Allons ! mourons !
Et c'est d'avoir à la bouche
La salive des clairons.

L'acier luit, les bivouacs fument ;
Pâles, nous nous déchaînons ;
Les sombres âmes s'allument
Aux lumières des canons.

Et cela pour des altesses
Qui, vous à peine enterrés,
Se feront des politesses
Pendant que vous pourrirez,

Et que, dans le champ funeste,
Les chacals et les oiseaux,
Hideux, iront voir s'il reste
De la chair après vos os !

Aucun peuple ne tolère
Qu'un autre vive à côté ;
Et l'on souffle la colère
Dans notre imbécilité.

C'est un Russe ! Égorge, assomme.
Un Croate ! Feu roulant.
C'est juste. Pourquoi cet homme
Avait-il un habit blanc ?

Celui-ci, je le supprime
Et m'en vais, le cœur serein,
Puisqu'il a commis le crime
De naître à droite du Rhin.

Rosbach ! Waterloo ! Vengeance !
L'homme, ivre d'un affreux bruit,
N'a plus d'autre intelligence
Que le massacre et la nuit.

On pourrait boire aux fontaines,
Prier dans l'ombre à genoux,
Aimer, songer sous les chênes ;
Tuer son frère est plus doux.

On se hache, on se harponne,
On court par monts et par vaux ;
L'épouvante se cramponne
Du poing aux crins des chevaux.

Et l'aube est là sur la plaine !
Oh ! j'admire, en vérité,
Qu'on puisse avoir de la haine
Quand l'alouette a chanté.

Victor Hugo

Toutes ces tristes nouvelles pour nous désenchanter. Les peuples qui mettent leur bulletin de vote au service du plus de haine, les atrabilaires qui sont à la fête et les voix qui pourraient ouvrir d’autres chemins s’expriment timidement…

On ne va pas pleurnicher sur novembre. La trêve de décembre risque d’être brève, un peu pâle…

Je n’aime pas l’idée de parenthèse s’il s’agit de se réveiller avec la gueule de bois. Mais j’aime la chance de ce calendrier dont les pages défilent au chant de la résilience…

Piqures de rappel de la personne toxique

On met de la distance, on change de vie, on va vers de nouveaux horizons et comme pour vous tester l’ex toxique ose tenter de vous rappeler… drelin drelin !

Ben non merci. Appels bloqués. Hop !

C’est bien les applications qui permettent d’évincer les malveillants et autres démarcheurs des appels téléphoniques. Mais ce serait bien qu’on ne sache rien des importuns. Petite perturbation, le cerveau, on lui dit de ne pas y penser, mais il vient quand même insidieusement faire ses petits rappels à la promenade. Ça suffit ! Qui commande ?

Résister, tourner la page résolument. Sans regret. C’est pour mon bien. Il est des personnes qui pensent avoir des droits sur vous. Eh bien non, nous ne nous recroiserons pas, ni toi, ni cette clique destructrice qui manqua m’avoir dans ses rets… Adelante !

Et la petite victoire c’est sans ressentiment de ne pas culpabiliser… finira bien par se lasser…

Pluie et neige mêlée

Novembre va s’achever. La météo me parle de pluie mêlée de neige. Ni pluie, ni neige ici. Et m’insérant dans mon nouveau décors je poursuis ces rendez-vous pour l’auto (son contrôle technique), pour mon administration (le dossier de carte d’identité, il faudra donner mes empreintes sans avoir l’air emprunté…).

Le compteur électrique s’est emballé hier. Je vais te faire un plan d’austérité. Un peu de feu dans la cheminée… Je suis dans les milles choses à faire et la poursuite des explorations.

J’hésite à improviser en décembre un conte de Noël avant de me lancer aussi dans de petits opuscules thématiques où je tenterais de regarder les thèmes de la vie sociale au prisme poétique…

Tellement d’envies que je ne sais m’ennuyer…

Allez ! allez ! allons !

Mais vous courrez déjà dans vos vies, pressées… Agglutinés peut-être dans des transports en commun sentant bon la sueur et le frein, ou bien déjà à la tâche.

Le lundi, il faut un café plus fort.

Au bureau on faisait un point agenda, une réunion d’équipe et puis… Ici, c’est mon équipe féline et canine qui gère les horaires. Ça miaule dès cinq heures pour exiger une pâtée fraiche. Impossible de s’enfermer et d’ignorer. Je vis en dictature. Il faut le dire. Et maintenant, repue, elle dort la coupable chatte aux côtés du chien placide qui ronfle, tandis que je pense déjà au balai à passer, aux courses à faire, à ces choses à ne pas oublier… Tic, tac…

Novembre se carapate comme un vieux crabe aigri. On a de l’amitié pour décembre, c’est parfois un peu surfait…

Il était un rien désordonné ce premier billet !

Amusez-vous bien !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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