Une vieille dame riche et indigne internée malgré elle. Un fond d’histoire vraie et une incarnation qui dépasse les poncifs qui auraient pu piéger le scénario. Un joli film argentin avec des acteurs attachants qui semblent faire partie de la famille. Une jolie surprise vue sur Netflix.
Marilù Marini
Octogénaire, l’égérie d’Alfredo Arias incarne à la perfection cette vieille dame, Marta Hofman, une riche, amatrice d’Art, un peu trop généreuse avec son entourage et que ses filles vont faire interner « pour son bien » avec la complicité de médecins complaisants… Vous comprendrez d’où vient le titre du film.
L’histoire est inspirée de faits réels. L’Argentine avait été touchée il y a quelques années par ce qui était arrivé à Natalia Kohen, une riche mécène argentine qui s’était retrouvée internée de force…
Seule, mais pas sans liens, touchante mais pas sans défauts, excentrique pour certains mais en réalité éprise de la vie… Marilù Marini sait explorer toutes les nuances, les contradictions d’un personnage qui agit comme un révélateur sur les autres.
Une grâce, une séduction que l’âge n’efface pas. J’ai pensé à Danielle Darrieux. J’ai pensé à Ruth Gordon jouant en 1971 dans le délicieux « Harold et Maud » qui me marqua tant à l’époque…
Le système conformiste
Quand une vieille dame ne rentre pas dans les cases prévues, on dit qu’elle perd la tête. C’est plus commode et ça évite d’interroger ses propres échecs. L’âge permet aussi de dire des choses sans ambages. Marta ne ménage pas ses filles.
La psychiatrie en prend pour son grade. Mais combien de fois a-t-elle été utilisée – et le reste – par les différents pouvoirs ? Celui de l’argent, celui de la norme, celui de la dictature.
Si le film tourne autour de Marta, il ne faudrait pas sous estimer le duo formé avec Daniel Hendler qui joue un expert gauche, un peu terne, qui reste avec la chemise bien boutonnée, dépendant d’un père envahissant et passe à côté de sa vie. Le pauvre gars rate même une histoire d’amour se montrant incapable d’initiative. Venu interroger la vieille dame, c’est lui qui va se retrouver doucement remis en question.
Car le message de la vieille dame indigne, n’est pas seulement de revendiquer le droit de vivre ce qu’elle souhaite avec qui elle veut, il est aussi un appel à ne pas rester engoncé·e dans une vie sans surprise.
Les vieux ont le droit (le devoir) de s’amuser, de faire l’amour, de goûter les plaisirs de la vie. Les jeunes feraient bien de ne pas trop tarder à s’y mettre. Peu importe s’il y a de l’excentricité et si le cheveu n’est pas figé dans une permanente…
Un bon film ?
On sait qu’on a vu un bon film quand on en sort touché avec des images qui reviennent… Les autres, on les oublie.
Et puis, il y a dans nos vies, comme dans les rencontres que nous faisons, des livres pas forcément connus, des films pas forcément primés, des chansons… qui viennent et nous touchent à l’intime.
Parce que je compte bien ne pas finir en digne vieillard guindé !

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