Bonjour, bonsoir ! Vu l’ambiance de par le monde, vu les mômes martyrisés, zigouillés, affamés, échangés sous l’œil complaisant des caméras, qui ne voudrait pas que souffle l’esprit de Noël ? Que la trêve soit partout et que la Paix s’impose ! Mais c’est comme toujours plutôt la fête permanente des marchands de canon. C’est quoi pour vous l’esprit de Noël ? Moi ce sont les contes !
La caissière exténuée
On dit pas caissière, on dit « hôtesse de caisse ». L’autre jour au supermarché, la belle hôtesse s’embrouillait les pinceaux, se trompait. Les larmes aux yeux, elle me confia : « C’est à cause de Noël, les préparatifs, je suis débordée, quasi burnout ».
Difficile d’envisager autre chose que mes encouragements. Je pris mes yaourts avec douceur et poussais mon charriot l’abandonnant au client suivant. Soyez gentils avec les hôtesses de caisse et les autres…
Et je la comprends, vivre dans ce supermarché soumis à cette avalanche de vulgarité, je ne tiendrais pas deux jours.
Noël, Noël !
Chacun son histoire, son gout ou son dégout pour la fête… J’avais adolescent, négocié avec ma grand-mère de ne venir qu’un Noël sur deux. Le club des gens mal à l’aise pendant la période est tout de même assez fourni… on pourrait faire une communauté et· la fête ? Euh…
Mais je ne vais pas raconter ma vie.
Je sais pas vous, mais pour moi, l’esprit de Noël, ce sont les contes. Les contes d’antan, les contes un peu tristes, les romans de Dickens ou de Daudet, les histoires de mômes pauvres espérant une orange, les misérables cherchant juste à ne pas avoir trop froid, les récits de frères et sœurs s’unissant pour surmonter les épreuves…
Pas tellement les aventures du gros Père Noël… non, non… pas les rêves de cadeaux démesurés, d’enfants sages ou moins… Non, les contes de Noël avec des esprits, des maléfices, des fées, de la nuit et des étoiles…
Gamin, à Noël, je lisais beaucoup de ces histoires, tristes de préférence, et je les aimais ces mômes perdus, les contemplant par dessus l’épaule d’un auteur débonnaire et bienveillant toujours du côté de la souffrance… Ça s’appelle l’empathie. Ce truc qui manque à certains…
Dans ces contes, dans ces romans, l’imagination allait plus loin, plus vivement, plus intimement que dans les séries télévisées ou les films dégoulinants de conformisme…
Raconte !
Au cousins, aux gamins, aux enfants des écoles, très jeune j’appris à raconter des histoires et le plus souvent j’improvisais. Un rien de mystère, un rien de peur, de misère, de promesses, de rencontres, de personnage généreux pour sauver l’orphelin… Je rajoutais des détails, une ombre, une porte qui grince, un imprévu… Il me fallait parfois trouver des chemins dans la lande pour sortir le héros de l’affaire… tout en ayant les yeux rivés au public qui suivait…
Il n’y a rien de plus beau que des enfants captivés par une histoire, dont tu guides l’imagination et dont le souffle ou les exclamations ponctuent le récit.
Maître d’école, c’était parmi les plus beaux moments que je pouvais offrir aux élèves et je crois bien que c’était un apprentissage partagé…
Grand chef de la douzaine de cousins dont j’étais le plus vieux, il fallait raconter assez pour que chaque âge trouve son compte… à ce conte.
Revenir aux contes
Je serais bien revenu aux contes, j’en aurais bien partagé ici … J’y reviendrai plus tard, peut-être en improvisant comme autrefois… Je mets ça de côté dans la niche à projets.
… à suivre
Bon mercredi !
Un mot en retour ?