Quand il fait chaud, quand le thermomètre passe les trente degrés, quelque chose dans le cerveau affecte nos perceptions et nos interactions. Notations à la volée, notations à compléter…
Je te le dis
Quand il fait chaud l’heure fraîche matinale se boit avec délices.
Quand il fait chaud, j’entends le « clang, clang » lancinant de la grosse lance d’arrosage qui tourne son ellipse sur le champ d’en bas.
Quand il fait chaud je sens l’odeur moite de la rivière monter jusqu’à la maison.
Quand il fait chaud les chiens du voisin aboient plus souvent dans leur enclos.
Quand il fait chaud les urgences sont moins urgentes.
Quand il fait chaud les fourmis s’activent autour de la dépouille d’une guêpe.
Quand il fait chaud les rapaces tournent à midi en quête d’une proie fragile.
Quand il fait chaud je ne sors pas le vélo.
Quand il fait chaud les gens s’engueulent sur le parking du supermarché.
Quand il fait chaud la pauvreté se tient dans l’ombre.
Quand il fait chaud mon ex picole et me dit des propos incompréhensibles.
Quand il fait chaud tu m’appelles et ta douceur est liquide.
Quand il fait chaud la bourgeoisie transpire assise au concert.
Quand il fait chaud la terre du jardin craquelle.
Quand il fait chaud le vieux chien respire plus fort.
Quand il fait chaud je ne lis pas de roman.
Quand il fait chaud je bois mon thé brûlant.
Quand il fait chaud les morts sortent de leur tombeau et rôdent.
Quand il fait chaud les choses sont sans importance.
Quand il fait chaud je ne sais plus quel jour on est.
Quand il fait chaud je mords le citron vert.
Quand il fait chaud je sens mon odeur.
Quand il fait chaud le rideau danse sous la brise.
Quand il fait chaud les rosiers exultent.
Quand il fait chaud je suis adolescent.
Quand il fait chaud on relativise.
Quand il fait chaud on ne pense pas à l’hiver.
Quand il fait chaud on espère la pluie
Quand il fait chaud je n’écris rien d’intéressant.

Un mot en retour ?