La moiteur ouvre la journée. 15 août. Dans les églises des célébrations vont saluer l’envol corps et âme d’une adolescente ayant pratiqué, sans consentement je le crains, la gestation pour autrui. L’histoire s’est tout de même mal terminée. Si ça se trouve, elle n’avait même pas l’âge d’aller sur les réseaux sociaux à une époque où pourtant les fake news pullulaient déjà. Et Joseph ? Si des protestants ont admis qu’il fit des enfants à la Marie, les catholiques s’en tiennent à son abstinence. Asexuel ? Autour de cette triste histoire, des siècles de domination et de frustrations. Oui, le 15 août est un jour moite.
Marie selon Luc, elle reçoit l’Annonciation, répond à l’ange, se rend chez Élisabeth et prononce le Magnificat, un texte engagé où elle parle d’un Dieu qui renverse les puissants et élève les humbles, rassasie les affamés et renvoie les riches les mains vides. Bolloré prends garde ! Et puis peu à peu, la voilà réduite à être la vierge, la mère, compatissante, protectrice. Elle porte Jésus, allaite Jésus, regarde Jésus, pleure Jésus. Elle aurait peut-être préféré aller à la fac, sortir en boite comme ses copines et attendre un peu pour se mettre en couple. Ou pas.

Un mot en retour ?