Le service funèbre des fourmis


une mouche morte sur le plancher

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2–3 minutes

Une mouche morte sur le plancher. Qui les a prévenues ? Très peu de temps après, le service funèbre des fourmis s’est organisé et le gros insecte a été dépecé et transporté. Je ne me lasse pas d’admirer cette organisation hors pair à l’efficacité redoutable.


Est-ce que j’habite au dessus d’une vaste fourmilière sous la maison ?

Discrètes, silencieuses, je les avais surprises l’an dernier pénétrant dans la maison par le bureau via un interstice sous la plinthe de bois qui entoure le plancher. J’avais bloqué le passage…

Dehors, elles sont nombreuses. Chaque grosse pierre abrite l’entrée d’une fourmilière. L’an dernier une colonne immense avait entrepris de partir à l’assaut du grenier. Difficile de les détourner quand elles ont une idée derrière la tête.

L’autre jour, j’avais remarqué combien un gros scolopendre craignait de les croiser et se sauvait prestement à leur approche alors qu’il est bien plus imposant et long que le plus grosse des fourmis…

Chronique d’une mort annoncée

Je n’y connais rien en insectes. Elle était là, sur le plancher, décédée dans des circonstances mystérieuses, seule et abandonnée de tous. Triste mouche. Je m’apprêtais à l’évacuer sans cérémonie quand je découvris à quelques trente centimètres, la présence d’une fourmi qui attendait et nous fixait muette.

On voit bien que la mouche est un mastodonte pour la fourmi. Elle s’approcha.

Comment avait elle su ? Qui l’avait prévenue ? Je pensais pour ma part que les fourmis ne venaient plus par ici, je m’en étais réjoui. Grave erreur de ma part.

Va chercher les autres !

Vous pouvez cliquer pour agrandir la vidéo.

En me penchant vers la scène, j’eus l’impression d’entendre les dialogues.

Engagées activement dans le dépeçage de la grosse mouche, voilà les fourmis confrontées à la difficulté… Abandonner ? Non, pas question ! Énervées, sûrement. Sans sombrer dans l’anthropomorphisme, la scène vidéo montre bien que la décision de « lâcher prise » un moment ne constituait pas un abandon mais plutôt dans leur optique, l’idée d’appeler des renforts pour se sortir d’affaire. Quelle âme guerrière ! Que ne ferait-on pour la fourmilière !

En revenant un peu après, je découvris que l’équipe avait bien bossé. Le travail se montrait structuré et d’une efficacité redoutable. Un vrai dépeçage en règle.

Le lendemain elles étaient absentes

Certes, elles auraient pu passer la balayette. Mais ce matin, plus rien que ces quelques fragments d’ailes. Pas une fourmi en vue. Aucune trace de leur passage et si je n’étais passé au moment où elles s’occupaient du cadavre, je n’aurais rien sur de l’histoire…

Imagine, si je meurs un jour dans mon lit… ou si je tombe inanimé sur le plancher, se passeront-elles le mot ?


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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