Le Saut éternel, c’est juste un lieu au bord du vide, indiqué dans le petit village perché de Montsalès en Aveyron. C’est le Bas-Quercy. De là on domine la vallée du Lot. Je n’ai pas trouvé d’explication pour vraiment comprendre le choix de ce nom, si ce n’est dans mon vertige et la peur de la chute.
Pour le saut c’est par ici !
Pour le saut, suivre la pancarte. Pas loin, il y a le Saut de la Mounine et sa légende : un moine sacrifia sa guenon en la jetant dans le vide pour obtenir le pardon d’un seigneur local envers sa fille… À lire la flèche, on se dit qu’il ne faudrait pas qu’un suicidaire passe par là. Sauter ? oui, une seule fois.

Avertissement

Plusieurs croix sont là au bord du vide comme pour le protéger… On espère que ce n’est pas pour marquer l’endroit en mémoire de désespérés qui auraient été tentés…
Car le vide attire.
Aujourd’hui ce sont les ailes volantes, qui un peu plus loin, sur une autre falaise s’élancent et se précipitent dans le vide.
Il faut un temps où j’avais peur du vide pour les autres et je l’ai à présent pour moi même. C’est pire encore les jours de grand-vent.
Ici, dans le Bas-Quercy si les hauteurs ne sont jamais phénoménales, failles et falaises ne manquent pas.
Si j’ai le vertige, ces paysages ne cessent de m’attirer. J’y ressens fortement l’histoire géologique mais aussi la présence attestée de tous nos ancêtres depuis la préhistoire.
Ces croix dressées. Je ne sais si des processions ont eu lieu là. Je n’ai pas de religion mais la puissance inquiétante de ces symboles ajoute à l’ambiance du lieu une touche mystique et effrayante. Voilà que la beauté côtoie la peur, que l’envie d’envol ressent le danger d’une mort qui attire et effraie.
Le Saut Éternel n’est pas une invitation, la religion réprouve le suicide, mais une exhortation à résister à cette pulsion, à s’y confronter sous le couvert de la protection divine… avec en abyme la présence d’un Christ qui s’offrit en martyr pour ressusciter… Comprenne qui pourra…
Le petit village ici compte peut-être trois cents âmes. Il connut jusqu’à plus de 1800 habitants. Qui se souvient que l’Aveyron vécut une période de surpopulation qui contraignit nombre de ses habitants à fuir vers la capitale ?

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