Le raton laveur résolu s’est installé à la maison


une image d'écran de la version Ubuntu 26.4

·

3–5 minutes

Resolute Raccoon, nom de code 26.04, c’est la toute nouvelle version d’Ubuntu et je viens de l’installer. Si vous doutiez que je suis du genre impatient, vous voyez que contrairement aux conseils de sagesse, j’aime ne pas attendre et tester. Donc voilà tout est en place ! Et ça roule avec de vrais changements, si ! si !

Une presque vieille habitude

J’ai déjà raconté mille fois ma transition vers Linux et Ubuntu. 11 ans révolus, et non, rien de rien, je ne regrette rien.

Je n’oublie pas surtout les longues heures passées après les mises à jour de Windows qui exigeaient d’aller chercher le bon pilote pour l’imprimante, de reconfigurer la caméra et de bloquer toutes les aimables propositions commerciales de Monsieur Bill.

Là, à part reconfigurer les priorités de mes sorties son entre les hauts parleurs et la carte externe qui se disputent, tout s’est fait gentiment.

Le frisson de la mise à jour

Lorsque tu lances la mise à jour, puisque je passais de la version intermédiaire à celle-ci qui pourra être maintenue dix ans, tu as malgré tout toujours ce frisson : « — Pourvu que le courant ne se coupe pas, pourvu que ça se passe bien… »

Tu vois les messages défiler si vite avec parfois des avertissements que tu tendrais à t’inquiéter, mais non, ça bosse tranquille et en vingt minutes je pense, tout était plié.

Resolute Raccoon ?

Résolu pour saluer la mémoire de Steve Langasek, un ancien responsable des versions Debian et Ubuntu décédé en janvier 2025 connu pour sa détermination et le raton laveur qui n’est pas sans poésie. Chaque version d’Ubuntu est associée à une bestiole bizarre.

Et j’ai pensé aux poèmes de Prévert qui aimait bien l’animal, le premier n’étant pas le plus drôle.

Il est bien tard pour faire ta connaissance.
J’ai parlé de toi souvent,
fallait que je te voie en chair et en os !

J’en avais jamais vu, de raton laveur.
Lui, m’avait jamais vu non plus.

·.
On t’a appelé «raton laveur».
Paraît que tu laves tout ce que tu manges.
C’est des histoires qu’on a racontées sur toi, peut-être.
Et toi tu es là. T’es en cage, en cabane.

Mais je suis venu tout de même pour te dire bonjour.
Je t’avais jamais vu.
Maintenant je te regarde.
Toi, tu ne me regardes pas,
t’as raison, tu t’en fous.

Moi, je suis un humain
— toi, t’es un raton laveur.
Il y a une différence.
De quoi on est faits tous les deux ?

[extraits]

et puis plus connu, l'inventaire

Une pierre
deux maisons
trois ruines
quatre fossoyeurs
un jardin
des fleurs
un raton laveur
une douzaine d'huîtres un citron un pain
un rayon de soleil
une lame de fond
six musiciens
une porte avec son paillasson
un monsieur décoré de la légion d'honneur
un autre raton laveur
etc

Pierre Béarn a aussi fréquenté les ratons laveurs, avec un poème cruel en réalité

Un raton-laveur scrupuleux
cherchait à justifier son nom
en fréquentant le bord des mares.
Un matin d’orage au repos
il rencontra sous la feuillée
un escargot la mine en pleurs.
– Un cochon m’a éclaboussé
en se roulant dans son fumier,
dit le pauvret fort mal à l’aise
et me voilà défiguré !
– Ne suis-je pas raton-laveur ?
répondit le rat scrupuleux
je vais lessiver ta coquille.
Mais le raton qui voulait plaire
n’avait de laveur que le nom
il escrabouilla l’escargot
Car il n’était qu’un salaud
!

Des tas de changements techniques

On change de noyau. C’est le 7 ! Bon ! Et de Gnome. C’est le 50 ! ah ! et même que ce sera sous Wayland, qu’il faut tout de même de la place au logiciel, qu’il parait que joueurs et pros seront comblés… Je ne vais pas faire semblant de tout comprendre, mais c’est facile, les paramètres vers le serveur ont été préservés.

Je vois en tout cas que c’est fluide, que la déco est moderne et que je n’ai pas eu de soucis. L’imprimante tourne, mon Audacity préféré a retrouvé sa carte son, il y a de quoi s’amuser et j’apprendrai au fur et à mesure les nouveaux apports.

Je ne doute pas que les grands experts ci-devant spécialistes qui trouvent déjà que je suis indigne de me complaire avec Ubuntu auront des tas de reproches à faire à cette version. Il reste parmi les tenants du libre, un petit club qui a une fâcheuse propension à préférer les austères solutions d’antan et les lignes de code… libre à eux, c’est si bon d’être grincheux !

J’aurais plutôt envie de remercier les maîtres d’œuvre de ce beau travail, ces centaines de lignes de code pour que je puisse avoir une machine qui roule librement et vous écrire toutes mes bêtises !

Donc, si vous hésitez. N’hésitez pas trop. Vive le libre !


Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !


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