Le poème était laid Le poème était lourd Comme un palefrenier sans amour Un vélo sans atour Une bicyclette Sans sonnette Un soldat Sans tambour
Le poème se traînait Par les rues de Paris Charles Trenet S’était moqué de lui
Une chanson ridicule Sans tête ni mandibule Un texte sans conciliabule Fait de rimes faciles Sans même un codicille Sans marteau, ni faucille
Le poème était laid Le poème était bête Comme Staline à la cantine Quand il volait des frites Il le faisait si vite À son ami Lénine Juste avant qu’il fasse un AVC Arsenic ou syphilis Les deux en vérité ! Lénine est mort en 24 mon fils Je ne sais pas s’il buvait Je ne sais pas s’il rotait Aimait-il la poésie ? À mon avis, oui !
Mais le poème était laid Le poème était moche Comme un gosse mal mouché Qu’est qui dépasse de ta poche ? Un sonnet mal embouché
Le poème était laid Le poème était moche Sans aucune anicroche Il ira dès demain Dans la grande poubelle Il ne rime pas si bien Et son rythme est raté Il est tout cabossé J’aurais dû l’arroser Sans familiarité C’est ainsi Qu’on aligne Et sans discontinuer Des quantités de lignes Tu pourrais te moucher Ton poème est si laid Ton poème est si moche On croirait presque que c’est fait exprès J’lai écrit tout debout sous le porche Pendant que je t’attendais C’est mon excuse, s’il te plaît
Je vis en pays de Rouergue. Je partage ici chaque jour ou presque, un journal, de la fiction, de la poésie ou des chansons. Garanti « fait » à la main, ce site ne vous piste pas. Si vous aimez, partagez !
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