Voici un poème pour l’édification de la jeunesse. Il n’est pas seulement une incitation à la prudence, mais il comporte une moralité dont chacune ou chacun saura faire son miel. C’est à lire ou à écouter. Pour les mots compliqués, les grands sauront expliquer. Ou pas.
L’audio
Le texte
Le chignon
Quand j’allais à l’école
Sur les épaules de Paul,
Notre vieux majordome,
La maîtresse en avait un énorme
Un gigantesque, hors norme
Pour une femme comme un homme !
Magnifique, épique, dressé avec morgue
Bien loin des champignons mornes
Oui, sur sa tête toujours affable
Nous l’admirions depuis nos tables
Cette femme portait un chignon formidable !
Dans la classe nous avions chaque petit garçon
Une échelle de verre ou de carton
Par laquelle nous montions plus haut que son menton
Tout en haut, à la pointe de son chignon
C’était près de Chinon
Qui n’est pas en Chine
Mais en Indre et Loire
Tu sais tout de l’histoire
Ma petite Augustine
De là-haut nous regardions jusqu’à la mère
Non pas la mer, ni l’océan, ne sois pas trop amère !
La mère, celle de mon copain Louis
Qui l’attendait derrière la barrière
Du petit matin, jusqu’à la nuit sans ennui
Parfois, nous tombions sur notre derrière
Il faut dire que l’ascension mettait en tension
Nos muscles et toute notre attention
Parfois nous chutions comme des ectoplasmes
On entendait nos spasmes
Mais la maîtresse, son chignon dressé
Restait coite, jamais stressée
Elle continuait d’enseigner
Que Chinon n’était pas en Chine
Fallait-il qu’elle s’échine ?
Et voilà pourquoi, ce n’est pas un petit pois
Mais un gnon qui orne mon front
Depuis ce temps des autrefois
Où je grimpais sur un chignon
Moralité : il convient d’éviter de monter sur la tête des gens
Même des plus charmants !

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